Frappes israéliennes sur le Liban: 13 membres des forces de sécurité tués
Les premiers secours se précipitent sur les lieux d’une frappe aérienne israélienne qui a visé le Sérail de la ville Nabatié, dans le sud du Liban, le 10 avril 2026. ©ABBAS FAKIH / AFP

Treize membres de la Sécurité de l’État ont été tués vendredi dans le sud du Liban par des frappes israéliennes, sur fond d'intenses pressions diplomatiques exercées sur Israël pour qu'il ne renouvelle pas ses raids meurtriers sur Beyrouth.

Le Hezbollah, qui poursuit ses attaques contre Israël, a appelé les responsables libanais à ne pas faire de «concessions gratuites» à Israël, avant des pourparlers prévus entre les deux pays ennemis pour tenter de mettre fin à la guerre, qui a fait près de 1.900 morts.

Treize membres de la Sécurité de l'État ont été tués dans des frappes israéliennes sur la ville de Nabatiyé, visant le complexe administratif du centre-ville, selon un communiqué de ce service de sécurité.

L'armée israélienne a déclaré vendredi avoir «démantelé» plus de 4.300 infrastructures du Hezbollah au Liban depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste allié de Téhéran le 2 mars.

Elle a également affirmé avoir «éliminé» plus de 1.400 combattants du Hezbollah lors de frappes et d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

Le mouvement chiite ne communique pas sur ses pertes depuis le début de la guerre.

Dans un message diffusé par la chaîne du groupe, al-Manar, le chef du Hezbollah Naïm Kassem a affirmé qu'Israël n'avait pas pu, en 40 jours de guerre, «envahir le sud» du pays, où son armée progresse.

«Nous appelons les responsables à arrêter de faire des concessions gratuites», a-t-il lancé, alors que Washington doit accueillir la semaine prochaine des pourparlers entre le Liban et Israël.

«Crimes sanglants»

Naïm Kassem a dénoncé les «crimes sanglants» d'Israël, dont les frappes massives menées mercredi sur Beyrouth et d'autres régions libanaises qui ont fait plus de 300 morts.

Israël a affirmé avoir tué dans l'une de ces frappes le secrétaire et neveu de M. Kassem.

Le Hezbollah a en outre annoncé vendredi avoir lancé des missiles sur une base navale militaire de la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, en «riposte» aux frappes de mercredi, ainsi que des tirs de roquettes sur le nord d'Israël.

Un diplomate occidental a indiqué vendredi à l'AFP que «des pressions diplomatiques sont en cours sur Israël de la part de pays européens, d'États du Golfe et de l'Égypte pour éviter le renouvellement des frappes israéliennes sur Beyrouth, après le +mercredi noir+».

Les frappes sont intervenues malgré la trêve dans le conflit régional avec l'Iran, les États-Unis et Israël affirmant qu'elle ne concernait pas le Liban.

L'armée israélienne a lancé jeudi après-midi un ordre d'évacuation pour de vastes quartiers densément peuplés du sud de Beyrouth, sans toutefois mettre sa menace à exécution vendredi après-midi.

Cet ordre concerne une zone incluant la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, mais également des quartiers abritant deux hôpitaux ainsi que la route de l'aéroport.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé avait appelé Israël à annuler l'ordre d'évacuation du quartier de Jnah, où 450 patients sont hospitalisés, dont 40 en soins intensifs, dans les hôpitaux Rafic Hariri et al-Zahraa.

«Nous avons reçu des assurances, notamment de la part du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), que l'hôpital ne sera pas visé», a déclaré à l'AFP vendredi Mohammad Zaatari, directeur de l'hôpital Rafic Hariri.

Il a précisé que son hôpital, le plus grand établissement médical public du Liban, n'allait pas être évacué.

Le ministre libanais des Transports, Fayez Rassamny, a affirmé pour sa part avoir «reçu des assurances» que la route menant à l'aéroport, ainsi que l'aéroport lui-même, resteraient à l'abri «tant que leur utilisation se limite au transport de passagers et de marchandises et aux activités civiles».

AFP

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