La Syrie a annoncé jeudi avoir pris le contrôle de toutes les bases militaires qui abritaient auparavant des forces américaines, présentes depuis des années dans le pays pour lutter contre le groupe «État islamique».
Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré qu’il «se félicitait de la remise complète au gouvernement syrien des sites militaires où les forces américaines étaient auparavant présentes en Syrie».
Le transfert s’est déroulé «en totale coordination entre les gouvernements syrien et américain», selon le ministère.
La Syrie a pris jeudi le contrôle de la base aérienne de Qasrak, dans la province de Hassaké, bastion kurde dans le nord-est du pays, après le retrait des forces de la coalition internationale antijihadiste dirigée par les États-Unis.
Un responsable du ministère de la Défense a déclaré à l’AFP que les forces syriennes avaient pénétré dans la base, désormais «vide de toute présence américaine depuis leur retrait total».
Un correspondant de l’AFP posté près de la ville de Qamishli, dans le nord-est du pays, a aperçu un convoi de véhicules militaires américains se dirigeant vers la frontière irakienne.
Qasrak, considérée comme une base américaine stratégique dans le nord-est de la Syrie, a servi ces derniers mois de centre logistique pour les convois et le matériel militaire à destination du pays voisin.
Les troupes américaines avaient entamé leur retrait de la base de Qasrak fin février. Elles s’étaient alors donné un mois pour quitter totalement la Syrie, un tournant après des années de présence dans le pays où elles dirigeaient la lutte antijihadiste, avaient indiqué trois sources à l’AFP.
Cette annonce de départ des forces américaines était intervenue alors que les États-Unis massaient leurs capacités militaires autour de l’Iran, avant la guerre entamée le 28 février avec Israël.
Le retrait intervient alors que le pouvoir central islamiste de Damas, soutenu par Washington, a rejoint l’an dernier la coalition contre le groupe «État islamique» (EI) et renforce son emprise sur l’ensemble du territoire. Les autorités se sont emparées de vastes régions qui étaient contrôlées par les Kurdes.
Les États-Unis maintenaient un millier de militaires dans des bases syriennes établies dans des zones échappant au contrôle de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 par la coalition d’Ahmad al-Chareh, devenu président. Ils les utilisaient pour mener des attaques aériennes contre l’EI.
La coalition antijihadiste avait été mise en place après la prise par l’EI en 2014 de vastes territoires, à la faveur de la guerre civile.
Le groupe jihadiste a été vaincu en 2019 en Syrie, où les forces kurdes ont été en première ligne des combats, deux ans après sa défaite en Irak. Mais il conserve des cellules dormantes dans les zones désertiques.
AFP



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