Trump annonce une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban
De gauche à droite: l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur d'Israël à Washington Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le président américain Donald Trump, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, l'ambassadrice du Liban à Washington Nada Hamadé Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban Michel Issa. ©Réseaux sociaux

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, à l’issue de pourparlers tenus à la Maison Blanche avec Israël.

«Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a déclaré M. Trump dans un message publié sur les réseaux sociaux, alors qu’il rencontrait les envoyés des deux pays.

Le président américain a affirmé que les États-Unis allaient «travailler avec le Liban afin de l’aider à se protéger du Hezbollah».

M. Trump a enfin dit espérer accueillir prochainement à Washington le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun.

Initialement prévue au département d’État, la réunion s’est finalement tenue à la Maison Blanche, en présence notamment du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, des ambassadeurs d’Israël et du Liban à Washington, Yechiel Leiter et Nada Hamadé Moawad, ainsi que de l’ambassadeur américain au Liban Michel Issa. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, devait également s’y joindre.

Beyrouth plaide pour une désescalade durable

Avant la rencontre, Joseph Aoun a indiqué que Beyrouth allait demander une prolongation de la trêve, incluant l’arrêt des destructions d’habitations et des attaques visant des civils, des lieux de culte, des journalistes ainsi que les secteurs médical et éducatif.

Il a ajouté qu’il «espérait pouvoir se rendre à Washington pour rencontrer le président Trump et le mettre au courant de la vérité sur ce qui se passe au Liban», affirmant qu’il n’avait jamais envisagé un contact avec M. Netanyahou.

Les deux pays, toujours en état de guerre, avaient tenu une réunion le 14 avril, déjà à Washington, la première du genre depuis 1993, pour tenter de mettre fin à la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre Israël.

Les États-Unis avaient ensuite imposé une trêve de dix jours dans ce conflit, qui a déjà fait plus de 2 400 morts et un million de déplacés côté libanais.

Outre le président américain, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, et les ambassadeurs aux États-Unis d’Israël, Yechiel Leiter, et du Liban, Nada Hamadeh Moawad, participeront à la réunion en présence de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, s’est aussi joint à la réunion.

La rencontre se tient alors qu’Israël poursuit ses bombardements, qui ont tué mercredi Amal Khalil, journaliste chevronnée du quotidien Al-Akhbar, et blessé sa collègue Zainab Faraj, dans le sud du Liban.

Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d’avoir perpétré un «crime de guerre» en frappant la maison où s’étaient réfugiés les journalistes et en entravant l’arrivée des secours. L’armée israélienne a dit examiner les faits.

Un seul obstacle

Une source officielle a indiqué à l’AFP que le Liban demanderait la prolongation de la trêve, qui expire dimanche soir, pour une période d’un mois.

Les deux pays ont accepté, à l’issue de la première session de pourparlers, d’entamer des négociations directes en vue d’une paix durable, à une date et un lieu qui doivent être fixés ultérieurement.

Le Liban a chargé Simon Karam, un diplomate chevronné, de présider la délégation de son pays pour ces tractations.

Israël pointe le Hezbollah comme principal obstacle

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a affirmé de son côté mercredi qu’Israël n’avait «pas de désaccords sérieux» avec le Liban.

«Il y a un seul obstacle à la paix et à la normalisation entre les deux pays, c’est le Hezbollah», a-t-il expliqué, lançant un appel au gouvernement libanais à travailler «ensemble contre l’État terroriste que le Hezbollah a construit sur votre territoire».

L’armée israélienne, qui est entrée en territoire libanais, a établi une «ligne jaune» de séparation dans le sud, comme dans la bande de Gaza, disant vouloir protéger la population du nord d’Israël.

Selon les termes de la trêve, Israël affirme se réserver le droit d’agir contre des «attaques planifiées, imminentes ou en cours» au Liban.

Le cessez-le-feu au Liban avait été réclamé par Téhéran comme l’une des conditions à la reprise de pourparlers avec Washington, en vue d’aboutir à une paix durable entre l’Iran et les États-Unis.

Le président libanais a indiqué que les futures négociations seraient «distinctes» des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis.

Donald Trump a annoncé mardi une prolongation de la trêve entre son pays et l’Iran, en vigueur depuis le 8 avril, émaillée de tensions dans le détroit d’Ormuz.

JD Vance salue un «moment historique majeur»

Le vice-président américain JD Vance a qualifié la rencontre entre les représentants du Liban et d’Israël de «moment historique majeur». Il a salué la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre les deux pays, estimant qu’elle constitue une avancée significative rendue possible grâce à l’implication directe du président Donald Trump.

JD Vance a insisté sur le caractère inédit de cette réunion au Bureau ovale, réunissant pour la première fois des représentants des deux pays dans un cadre diplomatique direct. Il a présenté cette initiative comme le résultat d’une diplomatie américaine active et a affirmé qu’il s’agissait d’une étape importante non seulement pour la région, mais aussi pour la stabilité internationale, avant de remercier le président pour son rôle dans ce processus.

Nada Moawad salue une avancée «historique»

L’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadé Moawad, a salué la prolongation de la trêve, évoquant un engagement commun en faveur de la désescalade, appelant au respect total du cessez-le-feu et insistant sur la protection des civils, des journalistes et des travailleurs humanitaires.

Elle a réaffirmé l’attachement du Liban à ses frontières reconnues internationalement et mis en avant les efforts de l’État pour renforcer la sécurité et la stabilité.

Elle a également indiqué que les discussions ont porté sur les mécanismes de mise en œuvre de la trêve, la prévention des violations, notamment dans le sud, ainsi que sur la reconstruction et la stabilité.

Remerciant Washington pour son soutien, elle a salué le rôle personnel du président Donald Trump, ajoutant que celui-ci avait promis de «rendre le Liban à nouveau grand».

Marco Rubio: Trump a permis de prolonger la trêve et d’ouvrir la voie à une paix durable entre le Liban et Israël

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a souligné l’implication directe du président Donald Trump dans le dossier, estimant que cette initiative avait permis d’aboutir à la prolongation du cessez-le-feu et d’ouvrir un délai supplémentaire pour avancer vers une paix durable entre le Liban et Israël, deux pays qui aspirent selon lui à tourner la page du conflit.

Il a ajouté que les deux nations sont confrontées à une même organisation qualifiée de terroriste — faisant référence au Hezbollah — qui, tout en visant Israël, pèse également sur la population libanaise.

Marco Rubio a enfin insisté sur le fait que les Libanais ont droit à vivre dans un État stable, pacifique et prospère.

Michel Issa salue une réunion «historique» et appelle à poursuivre les efforts vers une paix durable

L’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, a qualifié la réunion de «moment historique», remerciant le président Donald Trump ainsi que le vice-président américain pour leur rôle dans ce rapprochement inédit entre deux pays longtemps restés éloignés.

Il a estimé que cette avancée s’inscrit dans le prolongement de plusieurs décennies d’efforts diplomatiques, soulignant qu’une nouvelle étape venait d’être franchie. Michel Issa a enfin assuré que les démarches se poursuivraient afin de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix durable.

Mike Huckabee désigne le Hezbollah comme principal obstacle à la stabilité entre le Liban et Israël

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a déclaré que le véritable obstacle n’était ni le Liban ni Israël, mais le Hezbollah.

Il a décrit la milice comme une organisation responsable de tensions persistantes, estimant qu’il constitue le principal facteur d’instabilité dans la région.

Le Hezbollah se réserve le droit de riposter aux «agressions» d'Israël 

Le Hezbollah se réserve le droit de riposter aux «agressions» israéliennes qui se poursuivent malgré la trêve au Liban, a déclaré vendredi Ali Fayad, un député de la formation pro-iranienne.

Prolonger le cessez-le-feu «n'a pas de sens» au vu des «actes d'hostilité» persistants d'Israël, qui donnent à «la résistance le droit de riposter au moment opportun», a-t-il ajouté, selon un communiqué diffusé par son parti.

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Avec AFP

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