Moyen-Orient: un émissaire iranien attendu au Pakistan malgré le faux départ des Américains
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, prononce un discours lors d’une session de la Conférence du désarmement des Nations unies, en marge d’un deuxième cycle de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran — Washington pressant Téhéran de conclure un accord pour limiter son programme nucléaire — à Genève, le 17 février 2026. ©Valentin Flauraud / AFP

Le chef de la diplomatie iranienne est de nouveau attendu dimanche à Islamabad, entretenant les espoirs d’une reprise du dialogue pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient malgré l’annulation du déplacement des émissaires de Donald Trump.

Le président américain a laissé la porte ouverte à de nouvelles discussions et assuré avoir déjà reçu des propositions améliorées de Téhéran après avoir renoncé in extremis à envoyer ses négociateurs dans la capitale pakistanaise.

Des premières discussions irano-américaines s’y étaient tenues il y a deux semaines après la mise en place d’un cessez-le-feu. Mais malgré la crainte d’une reprise du conflit qui a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l’économie mondiale, toutes les tentatives de les poursuivre ont pour l’instant échoué face à la fermeté affichée par Washington et Téhéran.

Dernière en date: l’arrivée sur place vendredi du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, suivie dans la foulée par l’annonce par la Maison Blanche du départ prévu samedi de l’émissaire particulier du président, Steve Witkoff, et de son gendre Jared Kushner.

Sans les attendre, le ministre iranien a conclu samedi sa visite au Pakistan et Donald Trump a annulé le voyage par un message sur son réseau Truth Social, refusant que ses émissaires fassent «15, 16 heures» d’avion pour des discussions qui peuvent très bien, selon lui, se tenir par téléphone.

Interrogé par le média Axios pour savoir si cette annulation signifiait qu’il allait reprendre la guerre, M. Trump a répondu : «Non. Cela ne signifie pas cela. Nous n’y avons pas encore réfléchi».

Il a répété sa théorie selon laquelle les divisions au sommet de l’appareil iranien empêcheraient Téhéran de négocier. «Personne ne sait qui est aux commandes, pas même eux», a-t-il ajouté. «S’ils veulent discuter, il leur suffit de nous appeler», a affirmé le dirigeant républicain.

S’exprimant un peu plus tard sur le tarmac de l’aéroport de Palm Beach, en Floride, le président américain a déclaré que la tenue d’une réunion mardi à Islamabad avait été discutée, date qu’il avait jugée trop tardive. Il a assuré que «dès que j’ai annulé, en moins de dix minutes», les Iraniens avaient soumis un nouveau document de négociation «bien meilleur».

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, qui était parti pour Oman, sera de retour à Islamabad dimanche, selon un média public iranien. Il doit se rendre ensuite en visite à Moscou.

Piraterie américaine

Déclenché par une attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février, le conflit régional a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale, avec notamment le blocage par l’Iran du stratégique détroit d’Ormuz.

Le trafic maritime reste à l’arrêt dans ce passage par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux et désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Le commandement des forces armées iraniennes a menacé les États-Unis d’une réponse militaire en cas de poursuite du blocus américain des ports iraniens, dénonçant des actes de «piraterie».

Selon la télévision d’État iranienne, le président Massoud Pezeshkian a aussi prévenu que l’Iran ne s’engagerait pas dans des «négociations forcées sous la pression, les menaces et un blocus».

Le chef d’État avait auparavant appelé la population à économiser l’électricité, affirmant que, s’il n’y avait pas de pénurie pour l’instant, les États-Unis et Israël cherchaient à semer le «mécontentement» parmi les Iraniens.

 

AFP

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