ONU:  21 exécutions et 4.000 arrestations en Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, prononce son discours lors de l’ouverture de la 61e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU au bureau des Nations unies à Genève, le 23 février 2026. ©Fabrice Coffrini / AFP

Un total de 21 personnes ont été exécutées et plus de 4.000 arrêtées en Iran pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit au Moyen-Orient, a annoncé mercredi le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU.

Depuis le début des attaques israélo-américaines contre l’Iran fin février, «au moins neuf personnes ont été exécutées en lien avec les manifestations de janvier 2026, dix pour appartenance présumée à des groupes d’opposition et deux pour espionnage», a indiqué l’agence onusienne dans un communiqué.

Le Haut-Commissariat a précisé qu’au cours de la même période, plus de 4.000 personnes avaient été arrêtées «pour des accusations liées à la sécurité nationale».

«De nombreux détenus ont été victimes de disparitions forcées, de torture ou d’autres formes de traitements cruels, inhumains et dégradants, notamment des aveux extorqués - parfois télévisés - et des simulacres d’exécution», a ajouté l’organe onusien.

«Je suis consterné de constater que, s’ajoutant aux graves conséquences du conflit, les droits du peuple iranien continuent d’être bafoués par les autorités, de manière brutale et impitoyable», a réagi le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk, cité dans le communiqué.

«J’appelle les autorités à suspendre toutes les exécutions, à instaurer un moratoire sur la peine capitale, à garantir pleinement le respect des droits de la défense et le droit à un procès équitable et à libérer immédiatement les personnes détenues arbitrairement», a-t-il insisté.

Selon le Haut-Commissariat, de nombreuses personnes, y compris des enfants, restent exposées à la peine capitale «en vertu de la définition large et vague des crimes contre la sécurité nationale en Iran».

Les accusés sont souvent soumis à des procédures judiciaires accélérées et se voient refuser l’accès à l’avocat de leur choix, précise-t-il, évoquant le cas de «dizaines de prisonniers transférés vers des lieux inconnus» comme l’avocate spécialisée dans les droits humains Nasrin Sotoudeh, ancienne lauréate du prix Sakharov.

M. Türk a aussi dénoncé des conditions de détention «déplorables» dans les prisons iraniennes, surpeuplées et en proie à «de graves pénuries de nourriture, d’eau, de produits d’hygiène et de médicaments».

Dans la prison de Chabahar (sud-est) le 18 mars dernier, des détenus qui protestaient contre la suspension prolongée de la distribution de nourriture ont été victimes de violences meurtrières, selon le Haut-Commissariat.

«Les forces de sécurité auraient tué au moins cinq personnes et en auraient blessé 21 lors d’affrontements avec les manifestants. Deux autres détenus sont décédés en détention, dans une autre prison, et des indices laissent penser qu’ils ont subi des actes de torture», assure l’agence.

Selon plusieurs ONG, dont Amnesty International, l’Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine.

AFP

 

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