Après le Venezuela et l’Iran, à qui le tour?
©Ici Beyrouth

Il y a une logique dans la politique étrangère américaine. Elle peut paraître parfois surprenante, mais elle obéit à une mécanique bien huilée: pression maximale sur les régimes hostiles et démonstration de force. Le Venezuela a été ciblé. L’Iran vient d’être défait La question se pose presque automatiquement: qui est le prochain ?

Deux noms reviennent: Cuba et la Corée du Nord. Même catégorie de régimes parias. Deux réalités stratégiques radicalement différentes.

La Corée du Nord, d’abord. Kim Jong-un dirige l’un des systèmes les plus verrouillés de la planète. Brutal, opaque et impitoyable. Mais surtout, et c’est là que tout change, il possède la bombe. Et des missiles capables d’atteindre le territoire américain. Ce fait transforme complètement la donne. 

Toute attaque devient un pari existentiel. Parce que les dégâts seraient inacceptables. En fait, toutes les options sont mauvaises. Frappe militaire? Kim Yung Un est protégé par sa dissuasion nucléaire, donc, impossible. Pression économique? La Chine bloque tout effondrement.

La seule et unique solution ne pourra venir que de l’intérieur. Un coup d’état qui mettrait fin à une dynastie stalinienne parmi les plus délirantes de notre temps. 

Cuba est vulnérable. L’île est à bout. L’économie est en ruines, la population manque de tout et ne rêve que de quitter le pays. Le régime survit plus qu’il ne gouverne. Il n’a pas d’arme nucléaire, son armée n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut. Ses alliés traditionnels, la Russie et le Venezuela, sont occupés ailleurs. Moscou en Ukraine et Caracas, qui a changé de camp. 

Durcir encore la pression économique serait politiquement simple. Militairement, le risque est limité. Stratégiquement, la cible est vulnérable. Mais l’histoire tempère les certitudes. Soixante ans d’embargo n’ont pas fait tomber le régime. L’asphyxie peut affaiblir, elle ne garantit pas l’effondrement. Elle produit surtout de la misère. 

Mais si Donald Trump réussit à faire tomber le régime communiste avant les midterms, élections de mi-mandat cruciales, du mois de novembre, il pourra compter sur le soutien, dans les urnes, des 68 millions d’hispaniques des États-Unis. Beaucoup ont fui Cuba, catholiques et très anti-communistes. Et parmi eux, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, d’origine cubaine, de plus en plus présent sur la scène diplomatique et médiatique.

Si le régime cubain tombe, pour Marco Rubio, ce serait une formidable rampe de lancement pour la Maison Blanche.

Commentaires
  • Aucun commentaire