Frappes dans le Sud, au lendemain d’un raid ciblé sur la banlieue de Beyrouth
Des secouristes inspectent les décombres d’un bâtiment après une frappe aérienne israélienne survenue la veille dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth. ©AFP

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne, les raids et bombardements violents reprenant jeudi au Liban-Sud.

Jeudi matin, l’armée israélienne a visé plusieurs localités du Liban-Sud, notamment Houjair, Ghandouriyé, Yater et Toul, dans le caza de Bint Jbeil, alors qu’un raid ayant visé un van sur la route de Habbouche, dans le caza de Nabatié, a fait deux morts. Plusieurs raids ont aussi visé Nabatiyé.

Mercredi, au moins 11 personnes ont été tuées dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril. Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

 Beyrouth, «Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan», l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a confirmé de son côté une frappe visant à «neutraliser le commandant» de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

«Chaque occasion»

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à «la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien».

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'État américain, Israël «se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours» du Hezbollah.

«Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir», a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) «a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés», selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

«Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux», a-t-il précisé sur X.

Avec AFP

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