Communiqué de la Banque du Liban concernant les circulaires de base n° 158 et n° 166
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La crise bancaire qui a éclaté au Liban en octobre 2019 a entraîné des restrictions sur les dépôts bancaires, empêchant ainsi les déposants, résidents comme non-résidents, de disposer librement de leurs fonds, notamment ceux libellés en devises étrangères.

Dans l’attente d’un plan global visant à rétablir la stabilité financière, à adopter les lois nécessaires à la réforme et à la restructuration du secteur bancaire, ainsi qu’à réorganiser le système financier et à restituer les dépôts, la Banque du Liban a pris plusieurs mesures.

En réponse au besoin urgent et humanitaire de centaines de milliers de déposants dont les fonds demeurent bloqués dans le système financier et bancaire depuis plusieurs années, et afin de contribuer au renforcement de la stabilité sociale ainsi qu’à la croissance économique, la Banque du Liban, dans le cadre de ses prérogatives exclusives prévues par le Code de la monnaie et du crédit, a eu recours à l’unique instrument juridique actuellement à sa disposition : l’émission de circulaires.

Compte tenu également du besoin pressant de liquidités de la part des déposants et de l’économie nationale, la décision de base n° 13611 du 2 février 2024 (circulaire n° 166) ainsi que la décision de base n° 13335 du 8 juin 2021 (circulaire n° 158) ont été publiées.

Ces deux circulaires permettent de fournir plus de 2,5 milliards de dollars américains en liquidités chaque année. Ces paiements sont financés à partir des réserves obligatoires des banques commerciales déposées auprès de la Banque du Liban, lesquelles sont considérées, de fait comme de droit, comme des fonds appartenant aux déposants eux-mêmes.

Les circulaires n° 158 et n° 166 ont permis à des centaines de milliers de déposants de récupérer une partie ou la totalité de leurs dépôts en devises étrangères.

Jusqu’à la fin du mois de mars 2026, le nombre total de déposants ayant bénéficié des deux circulaires a atteint 578 770, parmi lesquels 266 166 déposants ont récupéré l’intégralité des fonds placés dans le compte spécial concerné, soit environ 46 % du nombre total des bénéficiaires.

Il convient également de noter une légère baisse des paiements mensuels liés aux circulaires n° 158 et n° 166, ceux-ci étant passés de 242,2 millions de dollars américains en février 2026 à 240,4 millions de dollars en mars 2026, soit une diminution de 1,8 million de dollars, équivalant à 0,73 %.

La contribution des banques commerciales au paiement du mois de mars 2026 s’est élevée à environ 28,36 millions de dollars américains, soit 11,80 % du montant total de cette échéance, ce qui signifie que la Banque du Liban a couvert 88,2 % des montants versés dans le cadre de ces deux circulaires.

Par ailleurs, le nombre total de demandes introduites par les déposants afin de bénéficier des circulaires n° 158 et n° 166 a atteint 610 624 demandes à la date de publication du présent communiqué.

Enfin, la Banque du Liban et les banques commerciales ont assuré conjointement des paiements aux déposants totalisant 6,109 milliards de dollars américains jusqu’à fin mars 2026. Sur ce montant, la part de la Banque du Liban s’élève à 4,183 milliards de dollars, soit 68,46 % du total des paiements effectués dans le cadre de ces deux circulaires, tandis que la part des banques commerciales atteint 1,926 milliard de dollars américains, soit 31,54 % du total.

Il convient également de souligner que tous les déposants bénéficiant de la circulaire n° 158 depuis son entrée en vigueur le 1er juillet 2021, et dont les dépôts étaient inférieurs ou égaux à 40 200 dollars américains, ont récupéré l’intégralité de leurs économies jusqu’à fin avril 2026.

La Banque du Liban réaffirme enfin son engagement constant à poursuivre le versement des montants prévus par ces circulaires, compte tenu de leur importance pour soutenir les déposants, préserver leurs capacités financières, soutenir l’économie locale et assumer ses responsabilités juridiques et sociales envers les déposants, particulièrement dans les circonstances difficiles que traverse le pays.

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