La situation au Biel ne diffère guère de celle de la Quarantaine, où des déplacés se sont vu refuser l’accès à un espace délimité et organisé.
Les députés de Beyrouth rejettent la situation de facto imposée par les déplacés, lesquels ont choisi le centre-ville de la capitale pour y installer des tentes et s’y regrouper dans un désordre total, sans organisation ni possibilité réelle de les en dissuader. Partant, leur présence aux abords de Biel s’est transformée ainsi en démonstration de force, destinée à afficher une capacité à prendre pied au cœur même de Beyrouth.
Cette situation a poussé le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar à intervenir, d’autant plus que cette zone compte parmi les plus actives sur les plans économique et touristique et ne saurait être transformée en un nouveau Ouzaï. Des centaines de personnes s’y sont installées sans la moindre organisation préalable, dressant des tentes, alors même que, selon des informations sécuritaires, beaucoup n’y dorment pas réellement mais y passent occasionnellement afin d’affirmer leur présence et rappeler au pouvoir qu’ils se trouvent au cœur de Beyrouth, et non à ses portes.
Les autorités ont finalement décidé de transférer ces déplacés d’un point à un autre, sans apporter la moindre solution au fond du problème, sachant que tous pourraient être accueillis dans des centres d’hébergement disposant encore de capacités suffisantes. Pourquoi refusent-ils de s’y rendre? Telle est toute la question.
Dans le même temps, les partisans du Hezbollah multiplient les critiques à l’égard de l’attitude du gouvernement à leur encontre. Certains vont jusqu’à vociférer des reproches difficilement justifiables, comme dans cette vidéo relayée par le principal journal de la Moumanaa, manifestement soucieux de faire passer un message. On y voit simplement un citoyen ouvrir un kit de nettoyage fourni par le gouvernement, contenant des produits de lessive. Manifestement, cela ne lui convient pas, pas plus qu’au journal ni à son public. Pourquoi? Nul ne le sait. Peut-être espéraient-ils recevoir des machines à laver ultramodernes ainsi qu’une alimentation électrique permanente dans les tentes et centres d’accueil, plutôt que de devoir laver leur linge à la main afin de pouvoir se changer. Alors pourquoi se plaindre? Voilà la deuxième question.
De deux choses l’une: soit le Hezbollah a un problème avec les autorités et toute forme d’organisation, soit il joue le rôle de l’épouse acariâtre qui fait tout son possible pour pousser son mari à demander le divorce. Et pas n’importe lequel… le divorce irrévocable.



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