Le roman La nuit au cœur de Nathacha Appanah, publié chez Gallimard, a remporté la 14e édition du Choix Goncourt de l’Orient. Décerné par des étudiants de 25 universités de la région, le prix distingue une œuvre intime et politique consacrée aux violences conjugales et aux silences qui les entourent.
Le Choix Goncourt de l’Orient a été attribué cette année à Nathacha Appanah pour son roman La nuit au cœur, paru aux Éditions Gallimard. L’autrice a été désignée lauréate au deuxième tour de scrutin, avec 16 voix sur 32, à l’issue d’une délibération menée en ligne par les jurys étudiants.
Dans ce récit à la fois personnel et politique, Nathacha Appanah entremêle les trajectoires de trois femmes, dont la sienne, confrontées à la violence conjugale. Le roman interroge les mécanismes de domination masculine, mais aussi les silences, les peurs et les héritages sociaux qui permettent à ces violences de s’installer et de se répéter.
Un prix littéraire porté par les étudiants
Organisé par l’Agence Universitaire de la Francophonie au Moyen-Orient, en partenariat avec l’Académie Goncourt et les Instituts français du Liban, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie et de Jérusalem, le Choix Goncourt de l’Orient réunit chaque année des étudiants autour des romans sélectionnés par le Prix Goncourt.
Pour cette 14e édition, 32 jurys d’étudiants, issus de 25 universités membres de l’AUF et répartis dans 10 pays de la région, ont lu, analysé et débattu des ouvrages de la deuxième sélection du Prix Goncourt. Les étudiants étaient originaires d’Arabie saoudite, de Chypre, de Djibouti, d’Égypte, des Émirats arabes unis, d’Irak, de Jordanie, du Liban, de Palestine et du Soudan.
Après plusieurs semaines de préparation, sous la direction de la romancière Salma Kojok, présidente du jury, les participants se sont réunis à huis clos pour défendre leurs choix et désigner leur lauréate.

La littérature comme lien dans une région éprouvée
La proclamation des résultats s’est déroulée en présence de Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt. Celui-ci a salué les efforts déployés pour maintenir cette édition, dans un contexte régional particulièrement difficile, et a rappelé l’importance de la parole, des mots et de la littérature pour continuer à tisser des liens humains.
De son côté, Jean-Noël Baléo, directeur régional de l’AUF Moyen-Orient, a souligné que, malgré l’accablement et la guerre qui frappent la région depuis de longs mois, le Choix Goncourt de l’Orient avait pu être maintenu. Les représentants des Instituts français partenaires ont également adressé leurs félicitations aux étudiants, en insistant sur le rôle de cette initiative dans la promotion de la francophonie et du dialogue interculturel.
Une traduction arabe à venir
Comme le veut la tradition du prix, le roman lauréat sera traduit en arabe avec le soutien de l’Institut français du Liban. Les activités liées à cette 14e édition du Choix Goncourt de l’Orient se poursuivront tout au long de l’année 2026.
Créé comme une déclinaison régionale du prestigieux Prix Goncourt, le Choix Goncourt de l’Orient est aujourd’hui le seul prix de ce type à rassembler autant de pays participants au Moyen-Orient. Après 14 éditions, il s’est imposé comme un rendez-vous important de la francophonie littéraire dans la région.



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