Affecté par la guerre, l'Irak exhorte l'Opep à augmenter ses quotas
Un employé de la Basra Oil Company inspecte le champ pétrolier et gazier de Nahr Bin Umar, en périphérie de la ville de Bassora, dans le sud de l’Irak, le 29 avril 2026. ©Hussein Faleh / AFP

L'Irak a demandé à l'Opep de relever ses quotas de production de pétrole pour rattraper le manque à gagner pendant la guerre au Moyen-Orient, a indiqué jeudi le ministère du Pétrole, tout en écartant à ce stade un départ du cartel.

Bagdad, qui fait partie des membres fondateurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, est largement dépendant de ses exportations de brut (90% de ses revenus en temps normal). Le pays a été fortement affecté par des frappes de groupes pro-iraniens contre ses champs pétrolifères pendant le conflit ainsi que par le verrouillage du stratégique détroit d'Ormuz, comme plusieurs de ses voisins.

En avril, le départ surprise de l'Opep des Émirats arabes unis, qui ne voulaient pas être contraints par des quotas une fois la crise terminée, avait provoqué un séisme au sein de l'organisation.

Dans un communiqué, le ministère du Pétrole «souligne l'importance de réévaluer» les quotas «afin de s'assurer qu'ils correspondent aux capacités des production des pays», notamment au vu «de la situation sécuritaire et économique particulière de l'Irak».

L'Opep a «réagi en lançant un processus» pour revoir les capacités de ses États membres, précise Bagdad.

L'organisation «doit augmenter le quota de production de l'Irak, ou une décision devra être prise pour décider de rester ou non dans l'organisation», a déclaré de son côté à l'AFP le porte-parole du ministère irakien, Salim al-Rikabi.

Mais pour l'heure, l'Irak «n'a pas l'intention de se retirer de l'organisation et reste attaché à ses mécanismes», a-t-il tempéré.

Le ministère a lui aussi relativisé les informations de presse sur un possible départ de l'Opep. «Elles ne reflètent pas la position officielle» du gouvernement, selon le communiqué.

«Je ne crois pas qu'il y ait un risque que l'Irak quitte l'Opep», a estimé auprès de l'AFP Jorge Leon, analyste à Rystad Energy, voyant les propos du porte-parole comme un moyen de «mettre un peu de pression» en vue des quotas pour 2027.

Avant le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, l'Irak produisait environ quatre millions de barils par jour, et exportait en moyenne 3,5 millions de barils par jour, principalement via le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial.

AFP

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