Carburants: une baisse réelle de 10 000 LL, la nouvelle taxe absorbe le reste
©Ici Beyrouth

La baisse tant attendue des prix des carburants n'aura finalement été que symbolique. Alors que le recul des cours mondiaux du pétrole laissait espérer une diminution d'environ 50 000 livres libanaises du prix du bidon de 20 litres d'essence, les automobilistes ne bénéficieront en réalité que d'une baisse de 10 000 livres.

La raison ? Le décret nᵒ 3214, publié jeudi au Journal officiel, instaure une hausse de la fiscalité sur les produits générateurs de déchets. Cette nouvelle taxe ajoute 40 000 livres au prix de chaque bidon de 20 litres d'essence, de diesel et de gaz, absorbant ainsi l'essentiel de la baisse qui aurait dû résulter du recul des prix internationaux du pétrole.

Au-delà des carburants, cette mesure devrait se répercuter sur les coûts de production de nombreux secteurs. Les professionnels estiment qu'elle entraînera une hausse comprise entre 1 % et 3 % des prix des produits fabriqués localement, les coûts de transport et d'énergie étant directement intégrés dans les prix de vente.

Cette décision intervient au moment où les perspectives semblaient pourtant favorables. Depuis plusieurs semaines, les prix des carburants étaient orientés à la baisse sous l'effet de la détente sur les marchés pétroliers après le cessez-le-feu annoncé le 25 mai. Le prix du bidon de 20 litres d'essence est ainsi passé de 2 585 000 livres à 2 291 000 livres le 25 juin, soit un recul cumulé de près de 294 000 livres.

 

Le diesel suivait la même tendance. Après avoir culminé à 2 497 000 livres le 21 avril, son prix est retombé à 1 938 000 livres au début de cette semaine, enregistrant une baisse d'environ 559 000 livres.

Les professionnels du secteur tablaient d'ailleurs sur la poursuite de cette tendance. Si la stabilité géopolitique se maintient et que la trêve entre l'Iran et les États-Unis perdure, ils estimaient que le prix du bidon d'essence pourrait revenir autour de 20 dollars, voire passer sous ce seuil, d'ici la fin juillet ou le début août.

Ces perspectives sont désormais assombries. En absorbant près de 80 % de la baisse théorique des prix cette semaine, la nouvelle fiscalité réduit fortement les chances pour les consommateurs de profiter pleinement du recul des cours mondiaux du pétrole.

Il convient de rappeler que cette nouvelle taxe s'ajoute au droit d'accise de 300 000 livres libanaises prélevé depuis février sur chaque bidon d'essence afin de financer la revalorisation des allocations sociales des fonctionnaires.

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