Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaïbani, a clôturé jeudi sa visite au Liban en évoquant une nouvelle étape dans les relations bilatérales.
«Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape dans les relations syro-libanaises, fondées sur le respect mutuel de la souveraineté, le bon voisinage et une coopération constructive», a affirmé M. Chaïbani dans un message sur X.
«Les deux pays ouvrent une nouvelle étape de leurs relations avec la signature de l'accord portant création de la Haute Commission syro-libanaise conjointe.Cette instance vise à renforcer la coopération et la coordination dans les domaines politique, économique, sécuritaire, culturel et social, ainsi que dans les secteurs des transports, de l'énergie, de l'eau, de la santé et des télécommunications», a-t-il ajouté.
Après ses entretiens avec les présidents Joseph Aoun, Nabih Berry et Nawaf Salam, le ministre syrien a poursuivi jeudi sa tournée libanaise par une série de rencontres politiques et religieuses, inscrites dans le cadre d’une visite que Damas présente comme une volonté d’ouvrir une nouvelle page dans les relations libano-syriennes.
À Dar el-Fatwa, M. Chaïbani a été reçu par le mufti de la République, cheikh Abdellatif Deriane, en présence d’une délégation syrienne et de plusieurs responsables religieux sunnites. Les discussions ont porté sur les affaires islamiques et nationales, ainsi que sur le renforcement de la concertation et de la coordination entre les deux États.
Le chef de la diplomatie syrienne a transmis au mufti les salutations du président syrien Ahmad el-Chareh et son attachement au Liban. Cheikh Deriane a, de son côté, salué les efforts du président syrien, notamment son souci de la souveraineté, de l’unité et de l’arabité du Liban, ainsi que du déploiement de l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble du territoire. Le mufti a également affirmé que le Liban demeurerait solidaire de la Syrie et des pays arabes, tout en restant à l’écart des axes et des conflits qui menacent la sécurité du pays et de la région.
M. Chaïbani s’est ensuite rendu à Clemenceau, où il a été reçu par l’ancien chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, en présence notamment des députés Taymour Joumblatt, Waël Bou Faour et Hadi Aboul Hosn. À l’issue de l’entretien, M. Joumblatt a insisté sur l’importance d’une relation «équilibrée et objective» avec la Syrie, estimant que «la bonne relation entre le Liban et la Syrie est un destin historique».
La tournée s’est poursuivie à Saïfi, où le ministre syrien a rencontré le chef des Kataëb, le député Sami Gemayel, au siège central du parti, avant de se rendre à Bkerké pour rencontrer le patriarche maronite Béchara Rai, et à Maarab, accueilli par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea.
«L'entretien avec Samir Geagea a été franc et transparent, et nous aspirons à renforcer les relations entre le Liban et la Syrie. La Syrie est prête à se tenir aux côtés du Liban. La stabilité de ce pays est dans notre intérêt, et nous tenons à soutenir le Liban dans le maintien de sa stabilité sécuritaire et politique», a dit M. Chaïbani à l’issue de l’entretien avec Samir Geagea.
Le chef des FL a indiqué avoir chargé le ministre syrien de transmettre au président syrien un message l'invitant à poursuivre la politique actuellement suivie, fondée sur le principe que le Liban est un «État souverain, libre et indépendant».
Cette étape intervient dans le cadre d’une série de contacts avec plusieurs pôles politiques libanais, destinés à élargir le dialogue au-delà du seul cadre officiel.
La visite s’est achevée à Tripoli, où le ministre syrien a rencontré le mufti de Tripoli et du Nord, cheikh Mohammad Tarek Imam, et plusieurs responsables politiques du Liban-Nord. Cette séquence revêt une portée symbolique particulière, la capitale du Nord ayant entretenu, ces dernières années, des liens politiques et populaires marqués avec les développements en Syrie.
À travers cette tournée élargie, Damas cherche à adresser un message d’ouverture à l’ensemble des composantes libanaises. La visite s’inscrit dans un contexte régional sensible et vise, selon des sources diplomatiques syriennes, à refonder la relation entre les deux pays sur la base du respect de la souveraineté, de la coopération entre États et de la non-ingérence dans les affaires intérieures.




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