La trêve voulue par Donald Trump n’aura été que de courte durée. L’axe de la «Résistance» s’est empressé de proclamer sa victoire et la défaite de «l’axe du mal», alors même que certains de ses principaux représentants se rendaient aux États-Unis afin que leurs enfants y naissent et obtiennent, de ce fait, la nationalité américaine.
Dans une nouvelle escalade, Donald Trump a décidé de reprendre les frappes contre des sites iraniens, en réponse aux entraves imposées à la circulation de navires dans le détroit d’Ormuz, alors que la liberté de navigation dans ce passage constituait la première condition de l’accord conclu un mois plus tôt. La stratégie américaine semble toutefois consister à faire monter la pression afin d’obtenir des conditions plus favorables dans les négociations, ou du moins dans le temps qu’il en reste, en vue de parvenir à un accord avec l’Iran, faute de quoi la région pourrait replonger dans le chaos.
Mais la réussite d’un tel accord ne dépend pas uniquement de Washington et de Téhéran. Elle passe également par les pays du Golfe arabe. Les monarchies de la région redoutent en effet que leur sécurité ne soit compromise. Après avoir consacré, au fil des années, des milliards de dollars à l’acquisition d’armements pour se prémunir contre les menaces iraniennes, elles se sont retrouvées, cette année, confrontées à un niveau de risque inédit.
Dans ce contexte, le premier facteur susceptible de fragiliser un éventuel accord réside dans la réaction des pays du Golfe. Ceux-ci se sont fermement opposés à cette perspective, allant jusqu’à la condamner et à affirmer qu’ils ne l’accepteraient jamais. Une telle position laisse présager que la paix, déjà fragile, qui résulterait d’un tel accord pourrait ne pas survivre longtemps.
L’équation ne se limite donc pas aux relations entre l’Iran et les États-Unis. L’objectif est également de parvenir à un accord qui réponde aux attentes des pays du Golfe. À défaut, Washington risquerait de compromettre son principal partenariat stratégique dans la région, une perspective qu’il ne peut se permettre.
Parallèlement, les manœuvres de la Turquie en Méditerranée suscitent également l’inquiétude des monarchies du Golfe. Ankara s’efforce en effet d’attirer Ahmad el-Chareh dans son orbite, alors même que le Golfe arabe avait cherché à l’intégrer à sa propre sphère d’influence. Le Golfe arabe acceptera-t-il de céder face à l’Iran, tout en abandonnant à la Turquie la bataille pour le leadership du monde sunnite dans la région? La réponse de principe est clairement non. Quant à la réponse concrète, elle dépendra de l’évolution des contacts irano-américains après cette nouvelle montée des tensions, avant que les pays du Golfe, emmenés par l’Arabie saoudite, ne prennent une décision déterminante quant à une éventuelle guerre contre l’Iran.
À titre de comparaison, les États-Unis ne sont entrés dans la Première Guerre mondiale qu’un an après le déclenchement du conflit. Cela ne signifie pas que les pays du Golfe entreront à leur tour en guerre, mais plutôt que le contexte régional ne laisse désormais plus de place au moindre relâchement.



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