Magro réaffirme le soutien français aux négociations engagées par le Liban
©Ambassade de France au Liban

La France a réaffirmé son soutien à la décision des autorités libanaises d'engager des négociations directes avec Israël sous médiation américaine, estimant qu'il s'agissait d'un choix souverain destiné à sortir le Liban de la guerre.

Dans son allocution prononcée mardi à la Résidence des Pins à l'occasion de la fête nationale française, l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, a déclaré que les autorités libanaises avaient «choisi une voie pour sortir leur pays de la guerre». «Nous ne pouvons que les soutenir sur ce chemin, en amis fidèles du Liban, car c'est leur choix plein et entier», a-t-il affirmé, ajoutant que la France se tenait prête, avec ses partenaires, à accompagner Beyrouth «sur le chemin difficile qu'elles ont choisi en engageant des négociations directes sous égide américaine».

Le diplomate a toutefois averti que les défis restaient considérables. Il a mis en garde contre l'idée selon laquelle un règlement du conflit suffirait à assurer le redressement économique du pays sans la mise en œuvre des réformes attendues. Il a insisté sur la nécessité de restructurer le secteur bancaire et d'adopter un programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), estimant que ces mesures répondaient avant tout à l'intérêt du Liban.

L'ambassadeur a estimé que les Libanais pouvaient se rassembler autour d'un projet commun fondé sur un «Liban souverain», dont le territoire ne serait plus occupé et où l'État détiendrait seul le monopole des armes.

Évoquant la guerre qui a de nouveau touché le Liban, il a expliqué que la célébration du 14 juillet avait été placée sous le signe de la sobriété et de la solidarité envers les victimes de ce qu'il a qualifié, reprenant les mots de Ghassan Tueni, de «guerre pour les autres». Il a rendu hommage aux organisations humanitaires, aux personnels médicaux, aux secouristes, aux journalistes ainsi qu'aux soldats de la Finul, en particulier aux militaires français morts au Liban.

L'ambassadeur a rappelé que la France avait mobilisé, dès le 2 mars 2026, une aide humanitaire de 17 millions d'euros, complétée par l'acheminement de 100 tonnes de matériel de secours. Il a également mis en avant le soutien apporté aux secteurs de la santé, de l'éducation, du patrimoine et du sport, annonçant notamment l'exonération exceptionnelle des frais d'inscription différenciés pour les étudiants libanais dans les universités publiques françaises à la rentrée 2026.

Sur le plan de la reconstruction, Hervé Magro a confirmé l'octroi, la semaine dernière, d'un prêt de 75 millions d'euros destiné à soutenir les efforts de reconstruction des zones détruites par le conflit, en complément du financement de la Banque mondiale. Il a également évoqué le lancement d'un programme européen de relèvement économique en faveur du Sud et de la Békaa.

 

Hervé Magro a également appelé à accélérer la réforme de la justice, qu'il a qualifiée de préalable indispensable au renforcement de l'État de droit. Il a exprimé l'espoir de voir aboutir cette année l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth, soulignant que les familles des victimes attendaient toujours des réponses.

Concluant un discours qui marque la fin de son mandat au Liban, le diplomate a assuré que la France demeurerait aux côtés du Liban «dans tous les domaines», saluant l'engagement de l'Union européenne et de l'ensemble des acteurs français mobilisés durant les crises successives traversées par le pays.

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