Les États-Unis ont annoncé avoir mené des frappes sur l'Iran pour la neuvième nuit consécutive lundi, Téhéran ripostant une nouvelle fois par des attaques contre ses voisins du Golfe et revendiquant l'attaque de deux pétroliers dans le détroit d'Ormuz.
Les raids de la nuit «ont visé des centres de commandement militaires iraniens, des sites de défense aérienne et de surveillance côtière, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication, afin de réduire davantage la capacité de l'Iran à attaquer des navires commerciaux et des marins civils transitant par le détroit d'Ormuz», a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 20, 2026
«Nous les avons frappés très durement à nouveau ce soir», a déclaré le président américain Donald Trump, affirmant que ces bombardements avaient lieu «en l'honneur» des soldats américains récemment tombés au combat au Moyen-Orient.
Deux militaires américains ont été tués vendredi par des frappes iraniennes contre une base en Jordanie, et des restes non identifiés, qui pourraient appartenir à un troisième porté disparu, ont été retrouvés sur les lieux de l'attaque, selon le Centcom.
Un autre soldat est mort samedi lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d'un drone iranien abattu dans le nord de l'Irak, portant à 17 le nombre de militaires américains tués depuis le début de la guerre le 28 février.
Côté iranien, le dernier bilan officiel, publié vendredi par le ministère de la Santé, fait état de 50 morts et plus de 500 blessés depuis la reprise des combats début juillet.
Un protocole d'accord signé entre l'Iran et les États-Unis le 17 juin, qui était censé ouvrir un cycle de négociations de paix, s'est complètement effondré avec la reprise des hostilités entre les deux pays, l'impasse portant sur le détroit d'Ormuz.
Ce détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est à nouveau verrouillé par l'Iran depuis la reprise des hostilités avec les États-Unis. Ces derniers, en représailles, ont réimposé un blocus des ports iraniens.
Navire en feu
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont affirmé lundi avoir «arrêté» par la force deux nouveaux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit, selon les médias officiels.
L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté qu'un navire était en feu à 8 milles nautiques (15 km environ) au nord-ouest du village omanais de Kumzar, sans préciser la cause.
Les cours du pétrole, qui s'étaient apaisés après la signature du protocole d'accord, sont repartis à la hausse. Lundi matin, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a dépassé les 90 dollars, au plus haut depuis juin.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a exhorté dimanche soir la communauté internationale à s'engager aux côtés des États-Unis pour «protéger le transport maritime» dans le détroit d'Ormuz.
«Les autres pays doivent commencer à intensifier leurs efforts et fournir une aide pour partager ce fardeau, qu'il s'agisse de moyens matériels ou financiers», a plaidé M. Rubio.
«Les États-Unis restent toujours ouverts à une solution diplomatique. Nous avons tenté à plusieurs reprises avec l'Iran, et nous continuerons d'essayer», a-t-il toutefois ajouté.
Attaques au Koweït
Au Koweït, l'armée a dit faire face lundi à l'aube à «des attaques de drones hostiles iraniens». Les Gardiens iraniens ont dit avoir frappé la base aérienne Ali Al-Salem, mis le feu à plusieurs drones qui s'y trouvaient et détruit un radar d'alerte précoce américain.
Les sirènes d'alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, qui héberge une importante base navale américaine, et où l'ambassade des États-Unis a mis en garde ses ressortissants contre de possibles frappes iraniennes dans le centre de la capitale, Manama.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir mené «une attaque surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi dans la région d'Al-Tanf, en Syrie, en représailles pour le sang des soldats tombés en martyrs d'Iranshahr», a écrit l'agence officielle Irna sur Telegram.
Dimanche soir, l'agence iranienne Tasnim avait fait état des funérailles de trois soldats tués dans une attaque américaine contre une caserne d'Iranshahr, dans le sud-est du pays.
Les Gardiens avaient déjà affirmé vendredi avoir attaqué la base d'Al-Tanf, dont l'armée syrienne a repris le contrôle en février après le retrait des États-Unis. Mais une source militaire syrienne avait ensuite démenti à l'AFP tout bombardement.
La base d'Al-Tanf est située dans le sud-est de la Syrie, dans le triangle frontalier avec la Jordanie et l'Irak.
Les Gardiens ont également affirmé lundi avoir tiré des missiles balistiques sur des avions de l'armée américaine sur l'aéroport d'Aqaba en Jordanie, près de la frontière avec Israël, «causant de sérieux dégâts à plusieurs d'entre eux», selon la télévision d'État.
Dimanche, l'armée israélienne avait dit avoir abattu, en collaboration avec l'armée jordanienne, un missile iranien qui visait Aqaba, port de la mer Rouge voisin d'Eilat en Israël.
Par les bureaux de l'AFP à Téhéran et Washington



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