Restructuration des banques : une avancée législative, mais une question demeure
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Les travaux de la commission des Finances et du Budget sur le projet de loi relatif à la restructuration des banques se poursuivent à un rythme soutenu. À ce stade, onze articles ont été adoptés et un consensus s’est dégagé sur les amendements examinés, dans le respect des normes internationales et avec l’adhésion des députés, du Fonds monétaire international (FMI), du gouvernement et de la Banque du Liban.

Cette convergence mérite d’être saluée. Elle traduit une volonté commune de faire avancer un dossier essentiel au redressement du secteur bancaire et, plus largement, de l’économie libanaise.

Cependant, une question fondamentale reste sans réponse : où seront trouvées les ressources nécessaires pour financer cette restructuration ? En d’autres termes, comment donner corps à une réforme dont le coût demeure, à ce jour, sans véritable plan de financement clairement défini ?

C’est précisément sur ce point que se concentre l’inquiétude d’une population éprouvée par des années de crise. Depuis près d’une décennie, les Libanais entendent se succéder les annonces, les plans et les promesses, sans que les résultats attendus ne se concrétisent. Beaucoup s’interrogent donc : la priorité ne devrait-elle pas être de sécuriser les moyens financiers avant d’achever l’édifice législatif ? À défaut, le risque est de nourrir des attentes que les réalités économiques pourraient rapidement décevoir.

Le constat est tout aussi clair sur le plan monétaire. Aux yeux de nombreux observateurs, la politique actuelle s’inscrit dans la continuité de celle menée durant les trois dernières décennies, en particulier au sein de la BDL… La différence tient toutefois au contexte : le Liban bénéficiait alors d’une croissance économique soutenue, d’investissements importants et d’un climat propice au développement. Malgré un niveau élevé de dépenses publiques, cette dynamique favorisait la prospérité et soutenait le pouvoir d’achat d’une large partie de la population.

Aujourd’hui, les conditions sont radicalement différentes. La confiance, pierre angulaire de toute relance économique et financière, demeure profondément ébranlée. Or aucune réforme bancaire, aussi ambitieuse soit-elle, ne pourra atteindre ses objectifs sans le retour de cette confiance, tant auprès des citoyens que des investisseurs et des partenaires internationaux.

La restructuration du secteur bancaire constitue une étape indispensable. Mais elle ne pourra produire les résultats escomptés que si elle s’accompagne d’une vision économique cohérente, d’un financement crédible et d’un engagement sans faille en faveur de la transparence et de la responsabilité. C’est à cette condition que les réformes cesseront d’être perçues comme de simples annonces pour devenir les fondements d’un véritable redressement national.

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