L'accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l'Iran entre dans sa seconde moitié. La planète a désormais les yeux rivés vers les deux dernières semaines de cette trêve, dans l’attente, mêlée d'appréhension d'une reprise des hostilités et d'un retour des combats de haute intensité.
Pour beaucoup, cette accalmie n'est qu'une parenthèse conjoncturelle. Chacun s'attend à ce que la donne change dès l'expiration de la trêve, tant il est improbable que ce conflit débouche sur une issue «à la libanaise», c'est-à-dire sur un compromis où aucune des parties ne sortirait véritablement victorieuse ou vaincue.
Dans ce contexte, tous les regards se tournent vers l'administration Trump et sa capacité à tenir tête à l'intransigeance iranienne dans les négociations. Peu d'observateurs imaginent Téhéran accepter de renoncer sereinement à ses exigences. L'Iran devrait rester inflexible sur son programme nucléaire et sur ce qu'il considère comme ses droits souverains. Mais face à lui se trouve un président américain réputé pour son obstination, qui n'entend pas sortir de cette confrontation sans une victoire réelle, et non un simple succès de façade.
Dans ces conditions, ceux qui pensent que cette guerre peut s'achever sans vainqueur ni vaincu se leurrent. Les rapports de force au Moyen-Orient ont déjà basculé en faveur d'Israël et de ses alliés, et Washington ne semble pas disposé à laisser le régime iranien entraver la poursuite de cette recomposition régionale. Les États-Unis doivent également tenir compte des attentes de leurs partenaires dans le Golfe, qui tablent sur leur protection en contrepartie des investissements, des achats d'armements et des partenariats stratégiques conclus avec Washington pour se prémunir contre l'Iran.
Dans cette perspective, Donald Trump n'aurait d'autre objectif que de contraindre l'Iran à céder, davantage que de parvenir à un compromis négocié. Or, tout indique que le délai fixé aux pourparlers pourrait s'achever sans résultat, ouvrant la voie à une nouvelle phase d'escalade.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, entendrait faire valoir cette analyse auprès de son principal allié. Les deux dirigeants abordent en effet un automne politiquement décisif: aux États-Unis, les élections de mi-mandat pourraient compromettre la fin du mandat présidentiel de Donald Trump; en Israël, les prochaines échéances électorales pourraient coûter son avenir politique à Benjamin Netanyahou, pourtant crédité par une partie de l'opinion d'avoir offert à Israël les gains stratégiques les plus importants depuis la guerre de 1967 en affaiblissant simultanément plusieurs de ses adversaires.
Dans ce contexte, la dissociation du dossier libanais apparaît comme l'un des développements les plus significatifs. Certes, le Liban restera inévitablement affecté par l'issue du bras de fer entre Washington et Téhéran. Mais il disposerait désormais d'une marge de négociation plus autonome, illustrée par la visite de Joseph Aoun à la Maison-Blanche la semaine dernière.
Partant, le Liban exercerait, pour la première fois de son histoire contemporaine, une forme de souveraineté, tandis que l'Iran continuerait de chercher une ultime porte de sortie avant un éventuel effondrement.



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