Une enquête qui parle de nous, sans nous
©Ici Beyrouth

L'Orient-Le Jour a consacré un épisode de sa série sur Antoun Sehnaoui à la rédaction d'Ici Beyrouth. Nous y sommes décrits, analysés, jugés. Un détail, pourtant : à aucun moment nous n'avons été contactés.

On peut écrire une enquête sur un média sans jamais interroger celles et ceux qui le font vivre. C'est un choix. Mais c'est un choix qui en dit long sur la méthode. Donner la parole à la partie que l'on met en cause n'est pas une faveur. C'est la base de notre métier à tous.

On peut aussi bâtir un récit sur des témoignages anonymes, recueillis auprès de personnes qui ne travaillent plus ici et n'en sont pas toujours parties dans les meilleurs termes. Chacun sait ce que valent les confidences d'anciens collaborateurs en délicatesse avec leur ancienne maison. Un journalisme rigoureux les recoupe, les met à l'épreuve, et confronte la partie visée sans avoir recours à la manipulation, à la tromperie, sans recevoir d'instructions de parties occultes étrangères (car oui, nous savons tout), et surtout sans haine personnelle. Nous ne l'avons pas été.

Jugez-nous sur nos articles. Sur nos reportages de terrain, nos enquêtes, nos décryptages, notre couverture quotidienne du Liban et du monde. Sur le travail de vrais journalistes, rédacteurs, graphistes et techniciens qui, chaque jour, font ce métier avec sérieux et honnêteté, loin des procès d'intention et des misérables cabales médiatiques.

Nous ne demandons pas qu'on nous épargne. Nous demandons qu'on nous lise et qu’on nous regarde. Et, la prochaine fois, qu'on nous appelle. Même si nous fascinons, nous ne faisons pas peur…

 

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