À l'occasion du sixième anniversaire de l'explosion du port de Beyrouth, le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, ont chacun appelé à l'aboutissement de la procédure judiciaire, tout en rendant hommage aux victimes de la catastrophe.
Le président Aoun: «La publication de l'acte d'accusation est devenue une nécessité»
Dans sa déclaration, le président Joseph Aoun a affirmé qu'en ce jour, chaque année, tout le Liban se tient devant une blessure qui ne s'est pas refermée, et une mémoire qui ne s'est pas éteinte. Il est revenu sur l'horreur de cet instant où Beyrouth a tremblé jusque dans ses profondeurs, lorsque le port, artère vitale de la vie et de l'économie, s'est transformé en théâtre d'une tragédie sans précédent dans l'histoire moderne du pays.
Le chef de l'État a rendu hommage à chaque martyr tombé injustement, et à chaque famille qui attend depuis des années une réponse à la hauteur du sacrifice qu'elle a consenti, soulignant que cette commémoration n'était pas une simple étape de deuil, mais un rappel permanent d'un devoir imprescriptible: celui de la vérité, de la justice et de la reddition de comptes.
Il a réaffirmé que la publication de l'acte d'accusation par le juge d'instruction judiciaire était devenue une nécessité qui ne supportait plus d'attente, insistant sur le fait que la justice ne signifiait pas la vengeance, mais le rétablissement du droit, la révélation de la vérité entière et sans exception, et la reddition de comptes de quiconque a fait preuve de négligence ou de manquement, quelle que soit sa position.
Le président Aoun a appelé la justice libanaise à faire la preuve, plus que jamais, de son indépendance et de sa capacité à rendre justice aux victimes, réaffirmant que l'État de droit demeurait la seule garantie pour que cette tragédie ne se reproduise plus.
Il a conclu en rendant hommage aux âmes des martyrs, souhaitant que leur mémoire continue d'inspirer une détermination sans faille dans la quête de vérité et de justice.
Le Premier ministre Salam: «Pas de règlement au détriment de la justice»
De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé connaître la profondeur de la blessure nationale qui continue de saigner, et mesurer l'ampleur de la douleur que portent les familles des martyrs et des victimes.
Il a réitéré, à l'occasion de cette sixième commémoration, qu'il ne pouvait y avoir de règlement au détriment de la justice, même si elle tarde parfois, seule la vérité étant capable de panser cette grande blessure nationale.
Malgré la tragédie du 4 août, le chef du gouvernement a invité à se souvenir du 5 août, jour où Beyrouth s'est relevée grâce à ses habitants, et aux jeunes Libanaises et Libanais venus de toutes les régions, qui ont déblayé les décombres, se sont soutenus les uns les autres, et ont redonné espoir à la ville. Il a souhaité que le 4 août demeure un jour de vérité, de justice et de reddition de comptes, et que le 5 août reste un jour pour Beyrouth, pour le relèvement, la solidarité et l'unité entre les Libanais.



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