La famille de l'ancien ambassadeur palestinien au Liban Achraf Dabbour a exhorté lundi les autorités libanaises à le juger au Liban plutôt que de le remettre à l'Autorité palestinienne, qui l'accuse de malversations.
La justice libanaise avait ordonné le 3 août son arrestation après que l'Autorité palestinienne a émis un mandat d'arrêt contre lui pour corruption et détournement de fonds au cours de sa mission au Liban entre 2012 et 2025, selon une source judiciaire à l'AFP.
«Nous ne demandons pas de soustraire notre père à la justice, (...) mais que la procédure suive son cours devant la justice libanaise compétente», a déclaré Israa Dabbour, la fille de l'ancien ambassadeur, lors d'une conférence de presse à Beyrouth.
«Pourquoi notre père devrait-il être renvoyé du pays où il vit et où les prétendus crimes ont été commis, et être jugé ailleurs?», a-t-elle poursuivi, rappelant que M. Dabbour avait le statut de réfugié palestinien au Liban, où il est né et a vécu.
Elle a ajouté qu'il se trouvait dans «un état de santé extrêmement critique», appelant les autorités libanaises à lui procurer «l'assistance nécessaire».
L'ancien ambassadeur avait initialement été interpellé en avril à l'aéroport de Beyrouth et avait, depuis, été assigné à résidence et frappé d'une interdiction de voyager, avant la décision formelle de l'incarcérer la semaine dernière.
Le parquet libanais a estimé que les crimes qui lui étaient reprochés portaient «sur des fonds appartenant au peuple palestinien» et recommandé de le remettre à l'Autorité palestinienne, a indiqué à l'AFP lundi un responsable judiciaire, qui a requis l'anonymat.
Cette recommandation doit encore être entérinée par le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Justice.
Achraf Dabbour a rejeté les accusations à son encontre et accusé Yasser Abbas, le fils du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, de «régler des comptes personnels».
La Commission nationale libanaise des droits humains avait demandé la semaine dernière au gouvernement de ne pas approuver cette extradition, invoquant des «risques de torture, mauvais traitements ou détention arbitraire.
L'organisation a aussi pointé des failles juridiques qui pourraient entraver ce processus, en raison de l'absence de «traité d'extradition entre le Liban et l'État de Palestine».
AFP



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