Des sources juridiques ont exprimé leur étonnement après la publication et la fuite du contenu de la demande de poursuites visant l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, présentée par le procureur général près la cour d’appel, Raja Hamouche.
Selon ces sources, les faits mentionnés ne justifieraient pas les qualifications pénales retenues dans la demande. Elles soutiennent que la Banque du Liban, elle-même à l’origine de la plainte, aurait été l’unique bénéficiaire de l’opération concernée. Celle-ci, menée intégralement sur la base d’une décision du Conseil central de la BDL, aurait généré un bénéfice net de 33 millions de dollars pour la Banque centrale.
Les mêmes sources estiment également que les faits seraient prescrits et rappellent que Riad Salamé a déjà été entendu et a présenté sa défense dans ce dossier.
Elles disent attendre le déroulement de l’enquête afin de vérifier que la justice agit indépendamment de toute pression éventuelle. Elles appellent également à prendre en considération l’âge de l’ancien gouverneur et son état de santé jugé fragile, en appliquant l’article 111 du Code de procédure pénale.
Cet article prévoit que le juge d’instruction peut, quelle que soit la nature de l’infraction, remplacer la détention du prévenu par son placement sous contrôle judiciaire et lui imposer les obligations qu’il juge nécessaires à l’exercice de ce contrôle.
Les sources juridiques rappellent enfin que Riad Salamé a déjà été détenu pendant treize mois, interdit de voyager et privé de son passeport, avant de verser ce qu’elles présentent comme la caution la plus élevée de l’histoire judiciaire libanaise pour obtenir sa remise en liberté. Elles considèrent, par conséquent, qu’un nouveau placement en détention ne serait pas justifié et que l’article 111 devrait être appliqué.



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