La sélection libanaise de natation a pris ses quartiers à Tarente, où les XXes Jeux méditerranéens s’apprêtent à lancer leurs premières séries. Dix nageurs défendront les couleurs du Liban dans le bassin italien, avec dans leurs rangs deux olympiens, Lynn El Hajj et Munzer Kabbara, mais aussi une jeune garde venue se frotter à une concurrence relevée. Du 22 au 25 août, places en finale, records personnels et marques nationales seront dans le viseur.
Cette fois, les kilomètres de voyage sont derrière eux. Place aux lignes d’eau, aux plots et au chrono.
La sélection libanaise est arrivée à Tarente pour l’un des rendez-vous les plus relevés de son calendrier. Dix nageurs composent le groupe: Lynn El Hajj, Munzer Kabbara, Lori Awad, Taleen Mrad, Tia Obeid, Angela Domanian, Rayan Arkadan, Ahmad Safia, Farid Zeidan et Youssef Abboud, sous la conduite de François Ghattas.
Parmi les dix sélectionnés, quatre sont issus du Club Jazeera — Lynn El Hajj, Lori Awad, Taleen Mrad et Rayan Arkadan — une présence qui souligne le poids du club dans le vivier actuel de la natation libanaise.
Pendant quatre journées, les Libanais devront enchaîner séries et, pour les meilleurs, finales, dans un bassin où la moindre sortie de plot, le moindre virage mal négocié ou quelques centièmes abandonnés peuvent coûter plusieurs places.
Deux olympiens pour montrer la voie
Le groupe s’appuie d’abord sur deux nageurs qui connaissent déjà la pression des grands rendez-vous.
Lynn El Hajj arrive avec l’étiquette d’olympienne de Paris 2024 et des références nationales solides en brasse. À 19 ans, elle constitue l’une des principales cartes libanaises, avec l’ambition de s’approcher des finales et de continuer à raboter ses chronos.
Munzer Kabbara possède lui aussi l’expérience olympique, acquise à Tokyo. Polyvalent, habitué aux quatre nages et à la brasse, il apporte au groupe un vécu international précieux lorsque la densité monte d’un cran.
Derrière eux, la jeune garde aura une autre mission: se jauger. Lori Awad, Taleen Mrad, Tia Obeid, Angela Domanian, Rayan Arkadan, Ahmad Safia, Farid Zeidan et Youssef Abboud auront l’occasion de mesurer l’écart qui les sépare encore des références du bassin méditerranéen.
Un bassin qui ne pardonne rien
Les Jeux méditerranéens occupent une place particulière. Ils ne possèdent évidemment pas la dimension universelle des Jeux olympiques ou des Mondiaux, mais le plateau reste dense, avec plusieurs nations disposant d’une véritable culture de la natation et d’athlètes rompus aux grands championnats.
Pour le Liban, l’intérêt est donc double.
Il y a d’abord le classement. Passer les séries, accrocher une finale ou se rapprocher du podium constitue évidemment la récompense la plus visible.
Mais il y a aussi le chrono.
Une meilleure marque personnelle, un record du Liban ou simplement la capacité à nager proche de son meilleur niveau sous pression peuvent parfois en dire davantage sur la progression d’un jeune nageur qu’une place brute dans la hiérarchie.
«À Tarente, chaque centième gagné vaudra autant qu’une place grappillée.»
C’est toute la brutalité — et la beauté — de la natation. Il n’y a ni possession de balle à invoquer, ni décision arbitrale derrière laquelle se réfugier. Au mur d’arrivée, le tableau électronique tranche.
Des ambitions à calibrer
Il serait excessif de faire porter à cette délégation l’obligation de revenir chargée de médailles.
Face à certaines grosses cylindrées méditerranéennes, les écarts restent réels. Mais venir simplement remplir les couloirs n’aurait pas davantage de sens.
L’enjeu est de pousser les meilleurs vers les finales, d’aller chercher les chronos et de permettre aux plus jeunes d’emmagasiner des repères qu’aucun entraînement ne peut reproduire.
Dans un sport où la progression se construit souvent dixième après dixième, Tarente constitue précisément ce type de révélateur.
Les dix Libanais savent désormais ce qui les attend. Il faudra jaillir proprement du plot, ne rien abandonner aux virages et garder suffisamment de jus pour les derniers mètres.
À partir du 22 août, les discours s’effaceront. Dans le bassin, une seule vérité restera affichée au tableau: celle du chrono.




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