Chibani: son séjour se joue lundi, son rôle au cœur du problème
©Ici Beyrouth

Le séjour de Mohammad Reza Chibani, nommé ambassadeur au Liban par Téhéran et déclaré persona non grata par le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, le 24 mars dernier, arrive à expiration lundi. La question est désormais de savoir s’il demandera le renouvellement de son permis de séjour en qualité de diplomate d’ici lundi.

M. Chibani était censé quitter le pays le 26 mars, à la demande du ministère des Affaires étrangères. S’il entendait prolonger son séjour en qualité de diplomate, il devait en faire la demande par l’intermédiaire du ministère. Or, Youssef Raggi a clairement indiqué que celui-ci n’accepterait pas une telle démarche. Le ministre a réitéré que l’intéressé devait quitter le Liban dès l’expiration de son permis de séjour.

Selon des sources bien informées, M. Chibani pourrait demander à rester au Liban en tant que simple ressortissant iranien. Dans ce cas, la demande serait adressée à la Sûreté générale, qui aurait alors à décider de lui accorder ou non un titre de séjour.

Pour l’heure, aucune demande n’a été déposée auprès de la Sûreté générale. Si une démarche est engagée lundi, elle devrait être examinée le jour même afin qu’une décision soit prise.

Selon des informations, des contacts auraient par ailleurs eu lieu entre Aïn el-Tiné et Baabda au sujet de ce dossier. Nabih Berry et le Hezbollah s’étaient déjà opposés à la décision du ministre des Affaires étrangères et avaient plaidé pour le maintien de l’ambassadeur iranien à Beyrouth.

Il a également été rapporté que le président de la République n’avait pas été informé de la décision de déclarer M. Chibani persona non grata. Youssef Raggi aurait indiqué à Joseph Aoun que des mesures seraient prises à l’encontre de l’ambassadeur désigné, sans en préciser la nature. Cette affaire aurait contribué à tendre davantage les relations entre le président de la République et le ministre des Affaires étrangères.

Selon les sources précitées, quelle que soit la décision qui sera prise, elle ne manquera pas de susciter des réactions politiques, tant de la part des forces favorables à l’intervention iranienne au Liban que de celles qui s’y opposent. Elle risque également d’accentuer les tensions autour de cette question.

Le maintien de M. Chibani au Liban, quel que soit le statut qui lui serait accordé, serait toutefois considéré comme une victoire pour le Hezbollah. Car l’enjeu dépasse largement la personne de l’intéressé. M. Chibani n’est pas un ressortissant iranien comme les autres: il joue un rôle important dans les échanges entre la direction du Hezbollah, les officiers et membres du Corps des gardiens de la révolution au Liban et les dirigeants iraniens.

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