Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a affirmé dimanche que le monopole des armes par l’État constituait une condition indispensable à l’exercice de la souveraineté nationale. Lors de son homélie à Dimane, il a également appelé à transformer les négociations et les médiations en résultats concrets, tout en réaffirmant la solidarité nationale avec les habitants du Liban-Sud.

Abordant la question de la souveraineté, Mgr Raï a souligné que le monopole des armes par l’État ne constituait ni la victoire d’un camp sur un autre ni une confrontation avec une communauté.

Il s’agit, selon lui, d’établir une référence nationale unique, car «l’État ne peut fonctionner avec deux décisions» et la souveraineté ne saurait être complète lorsque les centres de décision se multiplient.

Le patriarche a insisté sur le fait que l’État devait être le seul détenteur de la décision souveraine et le seul responsable de la protection de l’ensemble des Libanais. Le pays ne peut, a-t-il ajouté, demander aux autres États de respecter sa souveraineté si celle-ci n’est pas pleinement assurée à l’intérieur de ses frontières.

Des négociations appelées à produire des résultats

Mgr Raï a appelé à faire passer les négociations et les médiations du stade des contacts diplomatiques à celui de résultats concrets sur le terrain.

Il a cité parmi les priorités l’arrêt des attaques, le retrait israélien et le rétablissement de la stabilité, dans le cadre de garanties sérieuses protégeant les droits et la souveraineté du Liban.

Les négociations ne doivent pas devenir «un processus ouvert et sans horizon», a-t-il averti, mais constituer un moyen de rendre aux Libanais la sécurité et la stabilité.

Solidarité avec les habitants du Liban-Sud

Le patriarche maronite a également évoqué la situation au Liban-Sud, déclarant que toute atteinte à une région libanaise touche le pays dans son ensemble. Il a rappelé que les habitants du Sud formaient une composante indissociable du Liban et que leur droit à la terre, au logement et à la sécurité ne pouvait être soumis à aucun autre calcul.

Mgr Raï a évoqué les difficultés signalées par les habitants de Rmeich, Aïn Ebel et Debel, ainsi que par leurs évêques, concernant leurs déplacements et l’acheminement des aides humanitaires et des produits de première nécessité.

Il a dénoncé le refoulement de certains convois et demandé aux autorités concernées d’instaurer un mécanisme de coordination clair et permanent. Celui-ci devrait garantir la liberté de circulation des habitants et permettre aux organisations humanitaires et aux pays donateurs de leur faire parvenir leurs aides.

Ces mesures sont indispensables, a-t-il souligné, pour aider les populations frontalières à rester sur leurs terres et à renforcer leur résilience.