Le président libanais Joseph Aoun a dit vouloir parvenir à un accord de sécurité avec Israël une fois que son armée se sera retirée du sud du pays, et s'est dit déterminé à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais «sans confrontation».

Dans un entretien exclusif à l'AFP, il a ajouté que le Liban voulait une nouvelle force, européenne ou autre, pour éviter un «vide» sécuritaire après le départ des Casques bleus de l'Onu dont le mandat expire fin décembre.

Joseph Aoun, qui se rend mercredi à Paris, participe jeudi, aux côtés d'Emmanuel Macron et du roi Abdallah II de Jordanie, à une réunion visant à préparer un soutien international au déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire.

«Nos partenaires arabes et européens, ainsi que les États-Unis et nos amis, doivent assumer avec nous la responsabilité de soutenir l'armée et de renforcer l'État libanais», a déclaré le dirigeant.

Les troupes libanaises doivent se déployer dans le sud après un retrait progressif des forces israéliennes, conformément à un accord-cadre conclu entre le Liban et Israël en juin sous parrainage américain, qui prévoit le désarmement du Hezbollah.

«Nous n'avons pas d'autre option que les négociations, car l'alternative est la guerre, qui serait très coûteuse pour nous», a souligné M. Aoun.

Il a indiqué vouloir parvenir à un accord de sécurité avec Israël «visant à mettre fin à l'état d'hostilité et à permettre le déploiement de l'armée à la frontière».

«Cela pourrait constituer le prélude à un accord de paix ultérieur, mais..nous devons avancer étape par étape», à commencer par un retrait israélien, a-t-il ajouté.

«Pas négociable»

Le président a par ailleurs affirmé que le Liban voulait une nouvelle force dans le sud après le départ des Casques bleus.

«L'essentiel, c'est qu'il n'y ait pas de vide», a-t-il dit, ajoutant que cette force serait «temporaire, jusqu'à ce que l'armée soit en mesure de se déployer».

«Quelle que soit la nature de cette force, cela ne me pose aucun problème: européenne, non européenne, américaine, une autre force des Nations unies, asiatique, ou encore un mélange de forces européennes, arabes et asiatiques», a-t-il ajouté.

Sous pression américaine, le Conseil de sécurité de l'ONU avait décidé en août 2025 de fixer à décembre la fin du mandat de cette force.

Joseph Aoun a aussi souligné que la décision du pouvoir libanais de désarmer le Hezbollah n'était «ni négociable ni sujet à débat».

Mais dans le même temps, «l'objectif n'est pas la confrontation ..Nous sommes déterminés à régler ce dossier de manière pacifique», a-t-il dit, ajoutant qu'il «ne s'agit pas de construire un État au prix d'un conflit sanglant au Liban ou d'une nouvelle guerre civile».

AFP