Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a menacé mardi après-midi de mener une riposte «puissante» contre la banlieue sud de Beyrouth en cas de tirs de roquettes ou de lancement de drones vers le territoire israélien. Katz a également prévenu que si le Hezbollah participait à une éventuelle attaque iranienne contre Israël, l’armée israélienne pourrait étendre ses opérations aux régions de Nabatiyé et du Litani. Selon lui, les territoires conquis seraient alors évacués de leurs habitants et intégrés de manière permanente à ce qu’Israël présente comme sa «zone de sécurité» au Liban.
Le ministre israélien a affirmé que cette zone s’étendait actuellement sur quelque 700 kilomètres carrés, de la côte jusqu’au château de Beaufort, à la crête d’Ali el-Taher et aux contreforts sud du mont Hermon. Il a exclu tout retrait israélien tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé sur l’ensemble du territoire libanais.
Katz a en outre revendiqué l’évacuation de 200.000 habitants chiites jusqu’à la Ligne bleue, ainsi que la destruction de plus de 60 villages libanais et de 23.000 habitations, qu’il a présentées comme des positions du Hezbollah. Il a également évoqué le démantèlement de tunnels et d’infrastructures souterraines décrits comme une menace d’incursion en Galilée.
Dans le même contexte, l’armée israélienne a indiqué que les unités de la 91ᵉ division, notamment les brigades 300, 769 et 4, poursuivaient leurs opérations dans le sud du Liban. Elle affirme avoir détruit, ces dernières semaines, plus de 540 infrastructures qualifiées de «terroristes» dans les secteurs de Khiam, Teir Harfa, Mays el-Jabal et Majdel Zoun.
Selon le communiqué militaire, plus de 150 armes et équipements auraient également été découverts, parmi lesquels des grenades, des roquettes, des missiles antichars, des lanceurs et des engins explosifs.
Ces déclarations interviennent quelques heures après que la porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Ella Waweya, a accusé l’armée libanaise de ne pas avoir neutralisé une installation militaire du Hezbollah située dans la région de Kafra, au Liban-Sud, malgré l’annonce antérieure de son intervention.
Dans un message publié sur X, elle a rappelé qu’en vertu des arrangements conclus en 2024, l’armée libanaise était chargée de démanteler les armes et les infrastructures militaires du Hezbollah au sud du Litani. Selon elle, cette mission n’aurait pas été menée à bien, permettant au mouvement de poursuivre le renforcement de ses capacités.
Ella Waweya a indiqué qu’en décembre 2025, une installation présentée comme un dépôt d’armes du Hezbollah avait été signalée à l’armée libanaise par l’intermédiaire du mécanisme de surveillance dirigé par les États-Unis. Bien que celle-ci ait annoncé avoir pris les mesures nécessaires, des activités militaires se seraient poursuivies sur le site durant plusieurs mois, selon la porte-parole israélienne.
Elle a affirmé que l’armée israélienne avait ensuite frappé un camion qui transportait des armes et du matériel évacués de cette installation. Elle a également fait état de cas présumés de coordination entre des acteurs au sein de l’armée libanaise et le Hezbollah, qui auraient retardé certaines opérations et facilité le transfert d’armes.
Ces affirmations israéliennes n’ont pas fait l’objet d’une réaction immédiate de l’armée libanaise.