Le ministre des Affaires étrangères (AE), Abdallah Bou Habib, a précisé, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue dans la matinée vendredi, que "tous les efforts sont déployés pour assurer la bonne tenue des législatives", que ce soit dans les pays de la diaspora ou au Liban. L’ouverture des bureaux de vote dans les pays de l’émigration a eu lieu au moment voulu et dans le calme, vendredi à 7h (heure de Beyrouth), sans que "des incidents ou des actes d’intimidation" ne soient observés.

Une fois les bureaux de vote fermés conformément à l’horaire prévu, les urnes, dotées chacune d’un dispositif de pistage, seront scellées à la cire rouge, en présence des délégués des représentants des différentes listes. Elles seront ensuite directement rapatriées par DHL au Liban et déposées, sans détour aucun, à la Banque du Liban (BDL) jusqu’au dimanche 15 mai, en fin d’après-midi, le temps que se termine le vote au Liban, ce jour-là.

Cette expédition ne sera toutefois pas applicable au transport des urnes de Téhéran vers le pays du Cèdre, vu que la société de transport américaine chargée de livrer les colis ne dessert pas l’Iran. Cette charge incombera donc à l’ambassadeur libanais, Hassan Abbas. Toutes les urnes seront transportées vers les dépôts de la BDL par le ministère de l’Intérieur.

Dans le même ordre d’idées, et en vue de mieux surveiller le processus électoral, le ministère des AE a mis en place un réseau de WebCam en ligne, susceptible d’être visionné à partir du ministère.

Ceci dit, quelques irrégularités mineures, qui concernent notamment le principe du silence électoral, ont été relevées en cette journée du 6 mai. Elles ont toutefois été rapidement prises en charge par les autorités concernées.

Mission d’observation électorale

Parallèlement, une mission d’observation européenne suit de très près le déroulement de la consultation populaire.

À la suite d’une demande du ministère de l’Intérieur et des municipalités, et dans le but de répondre au mieux aux sollicitations de la société civile qui s’inquiète de dérives qui pourraient entacher les élections, une Mission d’observation électorale (MOE) au Liban a été désignée par l’Union européenne (UE) pour surveiller les législatives, comme l’explique un responsable de cette Mission.

Celle-ci avait également été déployée pour les élections de 2005, 2009 et 2018. Exclusivement financée par l’UE, ce qui écarte toute tentative de trafic d’influence, la MOE, formée de 150 observateurs issus de 27 États de l’UE, de la Norvège et de la Suisse, s’est engagée à surveiller et donc à garantir la crédibilité et la transparence du scrutin au Liban.

Seize équipes seront réparties, dans la journée du dimanche 8 mai, entre les différents pays de l’UE et la Suisse pour surveiller le scrutin et envoyer des rapports. Au Liban, la délégation principale, arrivée à Beyrouth le 27 mars, et composée de 10 experts, couvre tous les aspects du processus. Le jour des élections, le dimanche 15 mai, 40 observateurs se joindront à eux pour surveiller toute l’opération électorale, de l’ouverture jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, ainsi que le dépouillement et le décompte des voix, sans pour autant se prononcer sur le résultat des urnes.

Deux rapports seront publiés à l’issue des législatives de 2022: l’un deux jours après le scrutin, dans le cadre d’une conférence de presse qui sera tenue à Beyrouth, et l’autre dans les deux mois qui suivront les élections. C’est alors qu’un représentant de la mission se rendra au Liban pour publier le rapport final, en présence du gouvernement qui serait en place, des corps électoraux, des partis politiques et de la société civile. Ce rapport comportera une évaluation finale du processus électoral et élaborera un ensemble de recommandations pour d’éventuelles réformes visant à améliorer les futurs scrutins.

Les élections législatives de 2022 sont les septièmes organisées depuis la fin de la guerre civile en 1990. Attendues par les Libanais de tous bords, elles ont été lancées le vendredi 6 mai à 5h30 (heure de Beyrouth) en Iran et à Oman, avant de s’étendre dans 8 autres pays arabes: l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, Bahreïn, l’Irak, la Jordanie, la Syrie et l’Égypte.

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