Présenté par le gouvernement comme un texte de “rééquilibrage financier”, le projet de loi sur la Gap Law cache en réalité de multiples risques structurels. Derrière les formules techniques, ce texte menace directement les déposants, l’économie réelle et la cohésion sociale.
Voici les dix dangers fondamentaux que tout Libanais doit connaître.
1. Un projet sans vision économique globale
La Gap Law ne s’inscrit dans aucun plan de relance clair. Elle ne définit ni stratégie de croissance, ni politique de crédit, ni modèle économique post-crise. Elle traite les conséquences sans jamais s’attaquer aux causes de l’effondrement.
2. Des délais flous qui vident les droits de leur sens
Le texte parle d’étalement, de remboursement progressif ou de compensation future, sans calendrier contraignant. Or, un droit sans délai précis est un droit vidé de sa substance.
3. L’absence totale de financement garanti
Aucune source de financement réelle, immédiate et vérifiable n’est clairement identifiée. Sans liquidités disponibles, la loi devient théorique et inapplicable, repoussant la crise au lieu de la résoudre.
4. La légalisation de la décote sur les dépôts
La Gap Law consacre un principe dangereux: l’épargne peut être amputée, convertie ou étalée par la loi. Le dépôt cesse d’être un droit de propriété pour devenir une variable d’ajustement.
5. Une atteinte directe aux classes moyennes
Contrairement au discours officiel, ce ne sont pas uniquement les “grands déposants” qui sont touchés. Les classes moyennes, les retraités et les familles ayant économisé toute une vie sont en première ligne.
6. Un coup fatal porté aux professions libérales
Médecins, ingénieurs, avocats, pharmaciens, entrepreneurs: leurs économies constituent souvent leur retraite ou leur outil de travail. Les priver de liquidités, c’est affaiblir durablement les piliers productifs de la société.
7. L’asphyxie durable du crédit bancaire
En institutionnalisant la perte de confiance, la Gap Law condamne le système bancaire à rester paralysé. Sans confiance dans les dépôts, il n’y a ni crédit, ni investissement, ni reprise.
8. La déresponsabilisation de l’État
Alors qu’il est le principal responsable de l’effondrement financier, l’État se positionne comme arbitre neutre. La loi protège implicitement les décisions passées du pouvoir politique.
9. Un précédent juridique extrêmement dangereux
Si cette loi passe, elle ouvre la voie à d’autres textes similaires à l’avenir. Elle crée un précédent où l’État peut, en temps de crise, redéfinir unilatéralement les droits de propriété.
10. Un discours politique fondé sur l’illusion
Le gouvernement, sous la direction de Nawaf Salam, présente la Gap Law comme une étape vers la justice et la stabilité. En réalité, le texte ne contient ni garanties, ni vision, ni échéances crédibles.
À retenir
La Gap Law, en l’état, ne résout rien. Elle :
• légalise la perte,
• reporte la crise,
• fragilise l’économie,
• détruit la confiance,
• et fait peser l’essentiel du coût sur les citoyens.
Une loi de redressement sans vision, sans délai et sans financement n’est pas une solution. C’est un risque systémique.



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