Le secrétaire général de l’Association des Banques du Liban (ABL), Dr Fadi Khalaf, met en garde contre les risques d’une mise en œuvre irréaliste de la Gap Law dans l’introduction du rapport mensuel de l’ABL de janvier 2026.
Selon Dr Khalaf, ce projet, qui vise à débloquer la question des dépôts bancaires, ne peut réussir que si la liquidité nécessaire à son exécution est effectivement disponible. «Le texte n’est pas une simple déclaration d’intention. Tout engagement de paiement doit être réalisable avec des ressources identifiées et dans un calendrier réaliste, sinon il risque de provoquer une nouvelle crise de confiance au lieu de constituer une solution», souligne-t-il.
La réalité financière
Le rapport note que les quatre premières années pour rembourser 100 000 $ à tous les déposants nécessiteraient plus de 20 milliards de dollars, à répartir entre les banques et la Banque du Liban. Toutefois, si la Banque du Liban finance sa part via les dépôts obligatoires des banques, peu d’institutions auraient une liquidité suffisante pour respecter le calendrier initial.
Le secrétaire général met en garde contre le risque que certaines banques ne puissent honorer leurs engagements après un ou deux ans, alors qu’aucun plan clair n’est prévu pour les établissements qui pourraient ne pas survivre financièrement.
Les mesures préconisées
Dr Khalaf insiste sur plusieurs points essentiels:
- Tester la liquidité avant toute promesse: un test de stress de liquidité doit évaluer les capacités réelles avant de fixer des plafonds ou des calendriers de remboursement.
- Prévoir les défaillances éventuelles: ignorer ce test pourrait faire s’effondrer le plan à mi-chemin, la crédibilité de la loi reposant sur le respect des engagements.
Rôle de l’État dans le financement:
Le respect par l’État de ses obligations envers la Banque du Liban est déterminant pour la viabilité du plan. Si l'État ne paie pas ce qu'il doit, le processus deviendra plus hypothétique que réaliste.
Garantir la pérennité du secteur bancaire
La réduction à zéro des capitaux des banques et l'imposition de charges futures aux actionnaires élimineront toute incitation à la recapitalisation. La réhabilitation du secteur bancaire nécessite un équilibre entre la restitution des droits aux déposants et la garantie de la pérennité du secteur en tant que canal de financement essentiel et partenaire de la croissance économique. L'affaiblissement ou le démantèlement du secteur bancaire ne servira pas les intérêts des déposants et empêchera tout remboursement.
Dr Khalaf conclut que la réussite de la loi dépend entièrement de la prise en compte de la liquidité et de ces mesures correctives. Sans elles, le texte entrainera un nouveau défaut de paiement, plutôt qu’un cadre permettant de restaurer les droits des déposants et de stabiliser le secteur bancaire libanais.



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