Lors d’un briefing devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 17 mars 2026, la coordinatrice spéciale pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a souligné que les espoirs initiaux de voir le Liban épargné par les conflits régionaux ont été anéantis lorsque le Hezbollah a lancé une attaque contre Israël dans la nuit du 2 mars.
«En agissant ainsi, le groupe a propagé des braises qui ont maintenant embrasé tout le Liban», a-t-elle déclaré, décrivant l’impact des hostilités, notamment le nombre croissant de victimes civiles suite aux opérations militaires israéliennes.
Aux côtés du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, elle a rappelé l’importance de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU (2006), tout en avertissant que «parier sur un règlement régional pour résoudre les problèmes du Liban serait une grave erreur». Hennis-Plasschaert a insisté sur le fait que le pays doit se concentrer d’urgence sur des mesures internes, incluant l’élaboration d’une feuille de route complète pour traiter de l’avenir du Hezbollah.
Cette feuille de route devrait, selon elle, «couvrir non seulement les armes du groupe, mais aussi ses réseaux financiers et son infrastructure sociale», tout en impliquant «toutes les branches et composantes de l’État libanais».
Elle a également appelé à une action rapide sur des objectifs longtemps retardés, tels que «la stratégie nationale de sécurité, un dialogue de consensus interpartis, l’amélioration des perspectives socio-économiques des communautés marginalisées et la préparation au jour d’après concernant les combattants du Hezbollah».
La coordinatrice a souligné l’importance cruciale d’un renforcement de l’armée libanaise : «La dure réalité est que, malgré leur rôle indispensable pour garantir le monopole de l’État sur les armes, les Forces armées libanaises font face à un décalage colossal entre les ressources disponibles et les missions qui leur incombent». Selon elle, cela nécessite un soutien international accru ainsi qu’une priorisation budgétaire nationale.
«Une armée libanaise crédible et efficace doit être une priorité partagée», a-t-elle insisté.
Face à l’explosion des besoins humanitaires, de reconstruction et de relèvement, Hennis-Plasschaert a rappelé que le financement international n’est pas seulement impératif sur le plan humanitaire, mais constitue aussi un moyen «d’empêcher les acteurs non étatiques de suppléer à nouveau l’État sur le terrain».
Pour conclure, elle a décrit la situation comme «profondément complexe, volatile et dangereuse» et a averti que «les actions militaires en cours ne permettront pas d’apporter des solutions durables». Accueillant favorablement l’ouverture du Liban à des négociations directes avec Israël, elle a insisté sur la volonté transversale des Libanais, «toutes confessions et affiliations politiques confondues, d’abandonner la résistance armée au profit de la gouvernance, de vivre dans un pays et une région stables, et de construire un État unifiant plutôt que de maintenir des armes qui divisent».



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