On est d’accord. Nous sommes encore loin, très loin d’avoir atteint cette étape. Il reste encore tant de «victoires divines» à remporter, comprendre: parachever la destruction totale du Liban. Reste que la question mérite d’être posée. Parce qu’on a beau chercher, on ne trouve pas le moindre pays ami susceptible de délier sa bourse. Avant, lors des toutes aussi vaillantes guerres déclenchées par le Hezbollah, les pays du Golfe venaient à notre secours. Mais ça… c’était avant!
Aujourd’hui, avec le conflit qui se mondialise en cercles concentriques de plus en plus larges autour de l’Iran, les pays du Golfe sont peu à peu happés dans le tourbillon de la guerre. Il est à noter, soit dit en passant, que les mollahs ont tiré trois fois plus de missiles et de drones sur les monarchies arabes que sur Israël. Ça en dit long sur la manière vicieuse dont les «poilus» de Téhéran se comportent en bons… «pays frères».
Parenthèse fermée
Donc, une fois cette guerre terminée d’une manière ou d’une autre, il est fort à craindre que les monarchies et émirats violentés par l’Iran aient eux-mêmes besoin de se reconstruire, en termes d’infrastructures industrielles, énergétiques et économiques. On peut comprendre dès lors que le Liban ne sera même pas le cadet de leurs soucis dans l’échelle des priorités. Il sera inexistant. D’autant plus qu’on peut imaginer qu’ils soient un peu rancuniers vis-à-vis d’un pays dont l’une des composantes politico-miliciennes passe ses journées à les insulter et à empoisonner leur jeunesse avec le captagon «made in Lebanon».
Qui d’autre alors? L’Europe? Pas possible, la crise énergétique a fini de creuser les dettes abyssales d’une grande partie de l’Union. Sans parler du gouffre financier de la guerre en Ukraine.
Ah! Les États-Unis alors? Ce sont des amis! Alors oui, c’est vrai sur le papier, mais on marche sur des œufs. On n’est pas absolument certains qu’ils aient oublié combien on a traîné les pieds pour répondre à leur demande de désarmer le Hezbollah depuis 2024. Désarmement qui n’a en fait jamais eu lieu. Ici, il s’agit de reconnaître qu’il faut être très vaillant pour oser défier la puissance américaine, surtout avec Donald Trump à sa tête.
Du haut de ce qui reste de ses 10 452 kilomètres (sans parler des fermes de Chebaa, dont nous faisons confiance au Hezbollah pour déclencher une «guerre de libération» destructrice dans une décennie ou deux). Mais les Américains ne sont pas intéressés par un «confetti» dont on n’est même pas sûrs que ce sera encore un «vrai» pays dans un an. Le président américain a déjà sur sa table de nuit le dossier suivant: Cuba. Là, il y aura des opportunités politiques et économiques.
Voilà, voilà. On a fait le tour. Il reste bien la Chine. Pourquoi pas, on ne va pas faire la fine bouche. À moins que le Hezbollah ait la bonne idée d’aller se mêler des affaires des Ouïghours, histoire de nous mettre 1,4 milliard de personnes supplémentaires à dos.
Parce que oui, j’ai oublié de vous dire: le Hezbollah va rester. C’est comme ça. Le pays est détruit mais, lui, va survivre. Comme le régime iranien. Ils seront certainement affaiblis par le traitement de choc qui leur est administré. Une rémission, tout au plus. À la prochaine rechute, beaucoup de Libanais qui ambitionnent tout simplement de vivre en paix auront quitté le pays. Parfois, on me rétorque: le Liban n’est pas un hôtel. On ne doit pas partir comme ça. Pardon les amis, mais le service dans cet hôtel est particulièrement mauvais. Et si on changeait de chambre?




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