Rmeich souffre d’une coupure totale d’électricité et d’eau, ainsi que d’une forte dégradation des services de télécommunications: certains réseaux sont complètement à l’arrêt, tandis que d’autres fonctionnent de manière intermittente et instable. Leur interruption totale est à craindre en cas de nouvelles atteintes aux infrastructures.
Au Sud, certains ont refusé de partir. Ils ont choisi de rester sur leur terre, malgré les conséquences directes de la guerre qu’ils subissent au quotidien. S’il fallait les qualifier, l’on dirait que ce sont là de véritables résistants: les habitants de la localité frontalière de Rmeich.
Ce n’est pas la première guerre que subit la population de Rmeich, qui continue de porter les séquelles des conflits successifs ayant frappé la région depuis la fin des années soixante.
Selon le président de la municipalité, Hanna el-Amil, la situation s’est fortement dégradée depuis octobre 2023, entraînant une détérioration marquée de tous les aspects de la vie quotidienne. La localité paie le prix des affrontements qui se déroulent sur le territoire libanais, notamment dans le Sud, où les habitants vivent au rythme des bombardements et des tirs.
Néanmoins, aucun dégât majeur n’a été enregistré à l’intérieur du village, hormis quelques dommages légers sur des habitations situées en périphérie. En revanche, les pertes économiques sont considérables, en particulier dans le secteur agricole: près de 50% des terres, dont des oliveraies et des champs de tabac, sont désormais inaccessibles.
Cette situation affecte directement les revenus des habitants ainsi que la sécurité alimentaire de la localité. Selon le dernier recensement municipal, Rmeich compte environ 6.066 habitants, auxquels s’ajoutent plus d’une centaine de déplacés venus de Qawzah et de Yaroun, ainsi que près de 800 travailleurs syriens actifs dans l’agriculture.
Le nombre total de résidents atteint donc près de 7.000 personnes, toutes dépendantes d’un approvisionnement constant en alimentation et en denrées de base.
Selon Hanna el-Amil, les produits alimentaires se raréfient progressivement en raison de la guerre. Des efforts sont toutefois déployés pour assurer leur acheminement, grâce à des convois organisés depuis Beyrouth escortés par l’armée libanaise et soutenus par plusieurs organismes.
Les habitants ont exprimé leur reconnaissance, via Houna Loubnan, à tous ceux qui contribuent à leur fournir ces aides, essentielles pour leur permettre de tenir.
L’accès à la localité est devenu particulièrement difficile: la plupart des routes sont fermées et une seule voie reste partiellement praticable, sous escorte de l’armée. Sa fermeture totale ferait craindre une catastrophe humanitaire et un isolement complet de la région.
Par ailleurs, la localité est confrontée à une coupure totale d’électricité et d’eau, ainsi qu’à une dégradation sévère des télécommunications. Certains réseaux sont totalement hors service, tandis que d’autres fonctionnent de manière intermittente et instable, avec un risque réel d’interruption complète en cas de nouvelles frappes visant les infrastructures.
Un mois après le début de la guerre de soutien à l’Iran, Rmeich traverse donc une crise humanitaire et sociale extrêmement difficile, marquée par la pénurie de ressources et la difficulté d’y accéder. Les habitants espèrent une amélioration rapide de la situation, ne pouvant supporter davantage un tel isolement, notamment vis-à-vis de Beyrouth et du reste du pays.



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