Frappes meurtrières sans précédent sur Beyrouth: jour de deuil national jeudi
©Al-Markazia

Loin de la trêve de deux semaines annoncée entre les États-Unis et l'Iran, Israël a pilonné mercredi comme jamais le Liban depuis le début de la guerre, des frappes qui ont fait 254 morts et 1.165 blessés selon un bilan provisoire publié par la Défense civile.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national jeudi «pour les victimes des attaques israéliennes, avec fermeture des administrations et institutions publiques ainsi que des municipalités, mise en berne des drapeaux et adaptation des programmes des médias à cette tragédie nationale».

Les frappes, dont plusieurs ont visé le cœur de Beyrouth, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale libanaise, à une heure de grande affluence.

Des immeubles en flammes, des voitures calcinées et des débris jonchaient les rues de la capitale, que les ambulances traversaient, sirènes hurlantes.

Une nouvelle frappe a visé un quartier résidentiel de Beyrouth en début de soirée, où un immeuble s'est à moitié effondré.

Puis la banlieue sud de Beyrouth a été ciblée par une violente frappe, peu avant 23h.

En début de soirée, l’armée libanaise a indiqué dans un communiqué avoir évacué le pont maritime de Qasmiyé-Tyr à la suite d’une menace israélienne de le cibler. L’attaque a eu lieu près de deux heures plus tard.

La «plus grande frappe coordonnée»

L'armée israélienne a annoncé avoir mené sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

«En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, (les forces israéliennes ont attaqué) une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires» du mouvement islamiste libanais à travers le Liban, précise-t-elle.

Le président américain Donald Trump a affirmé que l'accord de cessez-le-feu avec l'Iran ne concernait pas le Liban, confirmant des propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Le Hezbollah, qui n'avait plus revendiqué de frappes contre Israël depuis la nuit, s'est dit «en droit de riposter» aux frappes sanglantes.

Le ministère de la Santé a fait état d'un bilan préliminaire de 112 morts et 837 blessés.

«Les amis du Liban»

«J'ai vu une frappe, c'était très fort, des enfants ont été tués, d'autres ont eu les bras coupés», a déclaré à l'AFP Yasser Abdallah, qui travaille dans un magasin d'électroménager du centre de Beyrouth.

Devant l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, l'un des principaux établissements de la capitale, une journaliste de l'AFP a vu les ambulances se succéder.

Des proches de blessés sont rassemblés devant l'entrée des urgences, dans une atmosphère de tension, certains en pleurs.

L'hôpital a lancé un appel aux dons de sang de tous les groupes.

«Tous les amis du Liban sont appelés à nous venir en aide pour faire cesser ces attaques par tous les moyens», a plaidé le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, dans un communiqué.

Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot a dénoncé le pilonnage de Beyrouth par l'armée israélienne dont il a été témoin, à l'occasion d'une visite de soutien aux plus hauts responsables politiques libanais.

«Nous étions à l'ambassade avec ma délégation, à quelques centaines de mètres seulement de l'endroit où les missiles ont frappé. Cela doit cesser. Le cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l'Iran doit inclure le Liban!», a écrit M. Prévot sur le réseau X.

«Des centaines» de membres du Hezbollah «visés»

«Tsahal a mené une attaque surprise contre des centaines de terroristes du Hezbollah dans des centres de commandement à travers le Liban», a déclaré dans un message vidéo le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, félicitant l'armée israélienne pour son «exécution parfaite» de l'opération.

Les frappes israéliennes ont également visé la plaine de la Békaa ainsi que le sud du pays.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a de son côté précisé que les États-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu «partout», y compris au Liban, à la suite d'une médiation pakistanaise.

L'armée israélienne avait demandé mercredi matin à la population d'évacuer plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, ainsi qu'une vaste zone, entre la frontière israélienne et le fleuve Zahrani, à une quarantaine de km plus au nord.

Les frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars ont fait plus de 1.500 morts et plus d'un million de déplacés.

Avec AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire