La France, plusieurs décennies au sein de la FINUL dans le sud du Liban
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Au lendemain de la mort d’un deuxième casque bleu français au Liban, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a indiqué que s'en prendre à des Casques bleus identifiables est «constitutif d'un crime de guerre». L’ONU «travaille» de son côté au maintien d'une présence au Liban après le départ de la FINUL, dont le mandat se termine à la fin de l'année. L’occasion de revenir sur la présence française au sein de cette force onusienne de maintien de la paix au pays du Cèdre.

Ils s’appelaient Florian Montorio et Anicet Girardin. Ils étaient respectivement sergent-chef et caporal-chef. Deux soldats français engagés au sein de la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (FINUL), et qui ont trouvé la mort à quelques jours d’intervalle après avoir essuyé des tirs samedi lors d’une embuscade attribuée au Hezbollah – qui dément toute implication.

Le premier est mort samedi sur le coup. Le second mercredi, des suites de ses blessures, après avoir été rapatrié en France.

Un hommage national a été rendu ce jeudi au sergent-chef Florian Montorio, à Montauban, dans le sud-ouest de la France. Lors de cet hommage, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a indiqué que depuis 1978, 144 militaires français ont perdu la vie au Liban.

Près de 700 militaires français

C’est en effet depuis 1978 – à la suite de l’invasion israélienne du Sud-Liban dans le cadre de l’opération Litani –, que la FINUL a été créée par l’ONU. Sa mission : confirmer le retrait des troupes israéliennes, rétablir la sécurité, aider le gouvernement libanais à reprendre le contrôle du sud du pays. La France est l’un des piliers fondateurs, à l’initiative du général Jean Cuq.

Aujourd’hui, 47 ans après la création de la FINUL, la France déploie près de 700 militaires au Liban. «Elle déploie près de 700 soldats au Liban dans le cadre de l’opération DAMAN, nom de la participation française à la force internationale. Le contingent français arme principalement la Force Commander Reserve (FCR), qui est en mesure d’intervenir très rapidement au profit de tous les contingents déployés sur l'ensemble de la zone d’action de la FINUL», peut-on lire sur le site du ministère français des Armées.

La France a parfois chèrement payé le prix de sa présence militaire au Liban. L’exemple le plus marquant a été le 23 octobre 1983, en pleine guerre civile libanaise, lorsqu’un attentat détruisait l’immeuble du Drakkar, dans le sud-ouest de Beyrouth, où étaient stationnés des soldats français dans le cadre d’une force multinationale de sécurité. Cette attaque a coûté la vie à 58 militaires français membres des 1ᵉʳ et 9ᵉ régiments de chasseurs parachutistes (RCP).

Avec deux soldats français de la FINUL sont tombés en quatre jours, cela porte à trois le nombre de militaires français tués depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, et le conflit entre l’État hébreu et le Hezbollah. Le premier avait été le major Arnaud Frion, tué en Irak mi-mars dans une attaque de drones attribuée à une milice pro-iranienne dans la région d'Erbil, au Kurdistan irakien.

«Crime de guerre»

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a indiqué jeudi matin chez nos confrères de Franceinfo que s’en prendre à des Casques bleus identifiables est «non seulement constitutif d'un crime de guerre, mais c’est aussi une atteinte portée à la communauté internationale toute entière, parce que c’est la communauté internationale qui donne mandat aux Casques bleus».

Le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a de son côté indiqué jeudi lors d’une conférence de presse que l’ONU «travaille de son côté au maintien d'une présence au Liban après le départ de la Finul. Celle-ci se retrouve actuellement sous le feu croisé de l’armée israélienne et du Hezbollah et apparait impuissante à contrôler la situation dans le sud du pays du Cèdre.

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