Le pétrole bondit de près de 4% après les frappes américaines en Iran
Cette photographie montre des cuves de stockage de carburant qui se dressent dans un dépôt pétrolier, alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales en pétrole font face à de fortes perturbations, à Ambès, près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 5 mai 2026. ©Philippe Lopez / AFP

Les cours du pétrole bondissent de près de 4% lundi après des frappes américaines sur l'Iran et l'annonce par Téhéran de la fermeture du détroit d'Ormuz, tandis que la Bourse de Séoul a de nouveau dévissé de près de 9%, plombée par les inquiétudes sur le secteur technologique.

Rebond du pétrole, les yeux sur Ormuz

Vers 06h45 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain pour livraison en août grimpait de 3,92%, à 74,21 dollars.

Celui du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence internationale, augmentait de 3,82%, à 78,91 dollars.

Cette nouvelle embardée reflète la reprise des tensions géopolitiques : des affrontements entre les États-Unis et l'Iran ont repris ces derniers jours, alors que les deux pays avaient signé, le 17 juin, un protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le texte prévoyait une réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transitait, avant la guerre, un cinquième du brut mondial. Sa quasi-paralysie durant le conflit avait provoqué une flambée des cours du pétrole, le baril de Brent s'envolant jusqu'à environ 110 dollars.

Or, Téhéran considère que le détroit ne peut être traversé que selon ses conditions et a annoncé dimanche sa fermeture «jusqu'à nouvel ordre». Des navires ayant emprunté une route non autorisée par l'Iran ont subi des attaques.

Les États-Unis assurent, de leur côté, que le détroit reste ouvert. Ils ont lancé une nouvelle série de frappes contre la République islamique pour l'empêcher «d'attaquer les équipages civils et navires commerciaux».

«On peut aisément imaginer que la situation dégénère très rapidement. Bien sûr, le ton pourrait s'adoucir. Nous avons déjà vu ce scénario par le passé. Mais, pour l'heure, les investisseurs sont contraints d'envisager le pire», observe Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.

«Ormuz ne constitue plus une voie maritime ouverte normale. C'est un couloir au fonctionnement partiel, assorti d'une prime de risque liée aux attaques. Les investisseurs vont désormais surveiller les volumes de transit plutôt que la rhétorique» des gouvernements, insiste Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Certes, «les prix actuels du pétrole reflètent toujours la conviction (du marché) que ni Washington ni Téhéran ne souhaitent une guerre régionale généralisée : le Brent reste bien en deçà de son pic atteint durant le conflit», tempère-t-il.

Mais «le marché n'a pas reconstitué de véritable marge de sécurité : la production mondiale demeure nettement inférieure aux niveaux d'avant-guerre, laissant moins de marge de manœuvre en cas de nouvelle détérioration du trafic» dans le détroit, prévient M. Innes.

Bourses nerveuses, l'IA plombe Séoul

À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en repli de 1,91%, à 67.242,73 points, et l'indice élargi Topix a perdu 0,71%, à 4.007,49 points.

«Une reprise des attaques entre les États-Unis et l'Iran pourrait servir de catalyseur négatif pour les marchés d'actions», a estimé Shoji Hirakawa, du cabinet Tokai Tokyo Intelligence Lab, cité par Bloomberg.

Mais ce sont surtout les valeurs technologiques qui continuent de peser sur les places asiatiques. À Séoul, l'indice Kospi a chuté de 8,95%, à 6.807 points, après une semaine déjà très volatile.

La place sud-coréenne a été entraînée par la forte baisse des fabricants de puces mémoire Samsung Electronics et SK hynix, sur fond d'inquiétudes persistantes concernant les valorisations liées au boom de l'intelligence artificielle.

SK hynix a plongé de plus de 15%, perdant près d'un tiers de sa valeur en moins de trois semaines à la Bourse de Séoul. Samsung Electronics a, de son côté, cédé 10,7% lundi.

La Bourse de Taipei a terminé stable, tout comme Sydney, tandis que l'indice Hang Seng de Hong Kong progressait de 0,15% vers 07h00 GMT.

Repli du yen, l'or souffre

La monnaie japonaise restait sous pression, reculant de 0,4% à 162,28 yens pour un dollar vers 07h00 GMT. Début juillet, elle avait atteint son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.

L'or reculait également de 1,64%, à 4.052 dollars l'once, malgré l'aggravation des tensions géopolitiques.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire