Le Liban et la Syrie ont souligné l'importance d'élaborer un protocole agricole intégré destiné à organiser la circulation des produits agricoles entre les deux pays, à harmoniser les procédures techniques et administratives, à faciliter le passage des camions aux postes-frontières et à réduire les embouteillages, notamment durant les saisons des fruits, des légumes et des produits frais.
Cette question a été au cœur des discussions entre le ministre libanais de l'Agriculture, Nizar Hani, et son homologue syrien, Bassel Soueidane, lors de la visite officielle effectuée, lundi et mardi, par le ministre libanais à Damas à la tête d'une délégation.
«Nous avons confirmé l'importance d'élaborer un protocole agricole intégré qui organise la circulation des produits agricoles entre le Liban et la Syrie, harmonise les procédures techniques et administratives, facilite le passage des camions et réduit les embouteillages aux postes-frontières, notamment durant les saisons des fruits, des légumes et des produits frais, de manière à préserver les intérêts des agriculteurs et des producteurs des deux pays et à fluidifier les échanges agricoles», a déclaré M. Hani.
Le ministre libanais a estimé que «la complémentarité entre les secteurs agricoles libanais et syrien constitue une opportunité stratégique pour les deux pays», ajoutant qu'il était nécessaire de passer à «des mesures concrètes» favorisant la fluidité des échanges agricoles et protégeant les intérêts des producteurs.
Il a également affirmé que «les relations historiques et fraternelles entre le Liban et la Syrie constituent une base solide pour bâtir une coopération agricole productive et durable, ouvrir de nouvelles perspectives aux agriculteurs, renforcer les investissements dans le secteur agricole et contribuer à la sécurité alimentaire et au développement économique des deux pays».
De son côté, le ministre syrien a souligné que «les relations fraternelles entre la Syrie et le Liban constituent une base solide pour développer la coopération agricole». Il a présenté les projets de son ministère visant à moderniser les services de vulgarisation agricole, à élargir l'utilisation des techniques d'irrigation modernes et des énergies renouvelables, à développer les législations et les laboratoires, ainsi qu'à renforcer les investissements dans le secteur agricole et l'élevage.
Les deux parties sont également convenues de poursuivre les travaux des commissions techniques agricoles conjointes et de tenir régulièrement leurs réunions afin de renforcer l'intégration agricole, de développer la production, de faciliter les échanges agricoles et de consolider la coopération entre les deux pays.
Lors de la réunion, le directeur général de l'Agriculture, Louis Lahoud, a présenté les travaux de ces commissions, chargées de développer la coopération technique et scientifique et d'unifier les procédures techniques, notamment en matière de reconnaissance des analyses de laboratoire et d'harmonisation des normes.
Ces commissions couvrent les ressources hydriques et la pêche maritime, l'industrie agroalimentaire, la recherche scientifique, les stratégies agricoles, la vulgarisation agricole, la santé végétale et les pesticides, ainsi que la santé et la production animales.
La veille, Nizar Hani avait participé à l'inauguration du salon international AgriTEK Syria ainsi qu'à une table ronde ministérielle consacrée à l'avenir de l'agriculture et de la sécurité alimentaire au Machrek arabe. Les échanges avaient notamment porté sur les défis liés au changement climatique, à la gestion des ressources naturelles et hydriques, à la sécurité alimentaire, au soutien aux agriculteurs, au développement des chaînes de valeur agricoles, aux technologies agricoles modernes et au renforcement de la coopération régionale.
À cette occasion, M. Hani a estimé que «la sécurité alimentaire n'est plus seulement une option de développement, mais un pilier fondamental de la stabilité économique et sociale ainsi que de la souveraineté nationale». Il a ajouté que «les défis communs auxquels sont confrontés les pays de la région imposent de passer du stade de la coordination à celui d'un véritable partenariat fondé sur l'échange d'expertises et de connaissances ainsi que sur la complémentarité des ressources».
«L'avenir de l'agriculture au Machrek arabe se construit par la coopération, non par la concurrence, et par l'intégration, non par l'isolement», a-t-il poursuivi. Il a indiqué que le Liban entendait développer des partenariats régionaux durables fondés sur l'innovation, la bonne gestion des ressources naturelles, le soutien aux agriculteurs et le renforcement du commerce agricole intra-régional, afin de consolider la sécurité alimentaire et de promouvoir un développement rural durable.



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