La Banque mondiale a estimé vendredi que l'économie libanaise devrait se contracter de 6,4% cette année, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah a fait dérailler les efforts pour relancer l'économie du pays.
Depuis 2019, le Liban est plongé dans une crise économique inédite, imputée par une grande partie de la population à la mauvaise gestion, la corruption, la négligence et l'inertie de la classe dirigeante en place depuis des décennies.
Encore aux prises avec les conséquences de précédents affrontements, en 2024, entre le Hezbollah et Israël, le groupe armé allié de l'Iran a à nouveau entraîné le Liban dans la guerre en ciblant Israël, en soutien à Téhéran, en mars.
Israël a riposté par d'intenses bombardements au Liban et y a déployé des troupes, faisant plus de 4.300 morts, selon Beyrouth.
Conséquence de la guerre, «le PIB réel devrait se contracter de 6,4% en 2026, reflétant l'effondrement du tourisme, une plus faible consommation, la perturbation des chaînes d'approvisionnement, une insécurité accrue et les déplacements prolongés» de population, a indiqué la Banque mondiale dans son rapport.
L'inflation devrait aussi grimper, pour s'établir à 17,5% cette année.
Pourtant, avant le dernier conflit, la Banque mondiale avait estimé que l'économie libanaise s'était renforcée, avec une croissance estimée du PIB réel à 4,2% en 2025, «la plus forte depuis le début de la crise financière de 2019».
«La poursuite des réformes — notamment en matière de restructuration du secteur bancaire et de gestion budgétaire — sera essentielle pour rétablir la confiance, préserver la stabilité et mobiliser les financements nécessaires à la reconstruction et à la reprise», a déclaré Dahlia Khalifa, directrice de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient.
La communauté internationale exige, en contrepartie de son aide financière, des réformes économiques.
La semaine dernière, le Parlement a voté une série d'amendements à une loi bancaire, visant à restructurer le secteur pour mettre fin à la crise qu'il traverse.
Le Fonds monétaire international (FMI) a salué cette loi, «une étape très positive qui reflète les efforts entrepris par le Liban pour aligner sa législation avec les meilleures pratiques internationales».
L'institution a dit reprendre le mois prochain ses discussions avec Beyrouth.
AFP



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