Basket: le Liban renverse la Corée et se rapproche encore du Mondial
Youssef Khayat attaque le cercle sud-coréen au cours d’une soirée conclue par 21 points et une victoire du Liban. ©FIBA

Privé de Wael Arakji, Ali Mansour et Jihad El Khatib, le Liban a trouvé d’autres leaders. Longtemps menée par une Corée du Sud très adroite derrière l’arc, la sélection libanaise a changé de braquet après la pause avant de dérouler dans le dernier quart-temps pour s’imposer 93-74, jeudi à Zouk Mikael. Youssef Khayat a planté 21 points, Sergio El Darwich 17 et Omar Jamaleddine a signé un double-double. Une sixième victoire qui consolide la première place du groupe F et rapproche encore le Liban du Mondial 2027 au Qatar.

Il manquait le maître à jouer, deux autres cadres et quelques certitudes. Il restait pourtant suffisamment de répondant pour faire chavirer le Nouhad Nawfal.

Face à la Corée du Sud, le Liban a d’abord plié, longtemps couru derrière le score, puis complètement inversé le rapport de forces. Les dix dernières minutes ont tourné à la démonstration: 30-14 pour les hommes d’Ahmad Farran et, au buzzer, un écart de 19 longueurs qui ne raconte qu’imparfaitement la difficulté des trois premiers quarts.

La Corée allume de loin

Le cinq libanais composé de Sergio El Darwich, Ali Mezher, Hayk Gyokchyan, Youssef Khayat et D.J. Funderburk démarre pourtant sans complexe.

El Darwich ouvre les hostilités derrière l’arc, mais les Coréens trouvent rapidement la mire à longue distance. Leur circulation de balle étire la défense libanaise, les tirs primés tombent et les visiteurs prennent les commandes.

24-18 après dix minutes, puis 41-38 à la pause.

Le Liban reste dans le rétroviseur sans parvenir à passer devant. Il s’accroche, durcit les possessions et évite surtout que l’écart ne gonfle.

À cet instant, le match se joue encore sur le tempo coréen.

Khayat sonne la charge

Au retour des vestiaires, le visage libanais change.

La défense monte d’un cran, les rebonds commencent à tomber dans les mains locales et Youssef Khayat donne le ton. À 23 ans, l’ailier livre l’un de ses matchs les plus consistants sous le maillot national, attaquant le cercle sans hésitation et terminant avec 21 points.

Le Liban recolle, égalise, puis prend enfin les commandes à 56-55. À la fin du troisième acte, il mène 63-60.

La bascule est faite. Le Liban a gagné ce match dans les dix dernières minutes, mais il l’a construit dans les trente précédentes.

Les chiffres résument le changement de rapport de forces: 51 rebonds libanais contre 30 pour la Corée, 49% de réussite aux tirs contre 38%, tandis que l’adresse coréenne derrière l’arc finit par s’effondrer après avoir longtemps maintenu les visiteurs aux commandes.

Jamaleddine met le feu au quatrième quart

Puis vient l’heure d’Omar Jamaleddine.

Sorti du banc, l’ailier apporte exactement ce dont le Liban a besoin: énergie, impact au rebond et culot offensif. Il termine avec 16 points et 10 rebonds, un double-double qui pèse lourd dans le bras de fer physique.

Dans le dernier quart, deux tirs primés de Jamaleddine font décoller le score. De 66-64, le Liban passe à 72-66, puis creuse progressivement la tranchée.

La Corée multiplie les temps morts, mais le courant ne s’inverse plus.

El Darwich, auteur de 17 points, apporte son expérience, Khayat continue d’attaquer les intervalles et la défense ferme progressivement toutes les portes. Le public pousse chaque possession comme une balle de match.

À 81-70 puis 85-70, l’affaire est entendue.

93-74 au final.

Gagner sans Arakji, un signal intéressant

Le résultat compte évidemment dans la course au Mondial. La manière, elle, apporte peut-être un enseignement encore plus intéressant.

Sans Wael Arakji, Ali Mansour et Jihad El Khatib, tous indisponibles, le Liban a dû redistribuer les responsabilités. Khayat a répondu présent, Jamaleddine a pesé en sortie de banc et El Darwich a tenu la baraque lorsque le match demandait du calme.

FIBA a d’ailleurs souligné la prise de pouvoir de cette nouvelle génération: Khayat et Jamaleddine ont été les deux visages les plus marquants d’un succès que le Liban n’avait encore jamais obtenu face à la Corée dans des qualifications mondiales.

Un détail qui donne un peu plus de relief au 93-74.

La Chine, prochain morceau

Pas question toutefois de savourer trop longtemps.

La fenêtre se poursuivra lundi avec un déplacement autrement délicat en Chine, à 14h30 heure de Beyrouth. Les Chinois viennent eux aussi de frapper fort en dominant le Qatar 83-57, tandis que le Japon a écrasé l’Arabie saoudite 106-78.

Le Liban reste en tête du groupe F et consolide une position déjà favorable dans la course à Qatar 2027. Tous les résultats du premier tour étant conservés au second, chaque victoire pèse lourd dans le décompte final.

Jeudi soir, il fallait battre la Corée malgré les absents. Mission accomplie.

Lundi, en Chine, il faudra maintenant prouver que ce Liban-là sait aussi voyager.

 

Commentaires
  • Aucun commentaire