Le pétrole grimpe lundi après la fermeture d'un oléoduc clé en Arabie saoudite et de nouvelles attaques dans le détroit d'Ormuz, tandis que les craintes sur les perspectives de l'IA font trébucher les valeurs tech sur les Bourses d'Asie, le Japonais SoftBank lâchant 13%.

Le pétrole bondit, rivé au Moyen-Orient

Vers 02H00 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, progressait de 2,92% à 107,66 dollars.

Il avait passé mercredi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet et s'était renchéri de près de 9% sur la semaine dernière.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en octobre, s'échangeait en hausse de 2,57% à 102,62 dollars.

«L'Arabie saoudite a temporairement fermé un oléoduc permettant de contourner Ormuz pour le transport du brut, tandis que les pourparlers diplomatiques entre l'Iran et les pays du Golfe sont actuellement au point mort», résume Chris Weston, du courtier Pepperstone.

Pour autant, «il reste toutefois du chemin à parcourir pour retester les sommets de la semaine dernière» à près de 110 dollars, tempère-t-il.

Vendredi, les autorités saoudiennes ont annoncé la fermeture temporaire de l'oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation de brut cruciale pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz, après des attaques attribuées à des drones venant d'Irak.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Riyad a accru le recours à cet oléoduc, d'une capacité de 7 millions de barils par jour (mb/j), débouchant sur la mer Rouge à l'ouest de la péninsule arabique.

De son côté, Oman a annoncé le report d'une réunion prévue lundi entre l'Iran et des pays du Golfe sur l'avenir du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique verrouillée par Washington et Téhéran.

Dimanche encore, un navire marchand y a été ciblé par une frappe qui a fait un mort, selon les autorités iraniennes.

L'IA fait trébucher les Bourses, SoftBank dévisse

À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei reculait de 1,15% à 63.263 points.

À Séoul, l'indice Kospi lâchait 3,06%. La Bourse de Taipei perdait 1,52%, et l'indice hongkongais Hang Seng 0,14%.

Les valeurs technologiques, poids lourds des indices asiatiques, souffrent particulièrement, après l'annonce que l'américain OpenAI ne fera pas son entrée en Bourse cette année en raison de préoccupations liées à la sécurité de l'intelligence artificielle.

À la suite de cette annonce, SoftBank Group, géant japonais des investissements tech, dévissait de plus de 13%. À la tête d'une participation d'environ 13% dans OpenAI, SoftBank a en effet investi plusieurs dizaines de milliards de dollars dans la firme américaine.

«Par ailleurs, de grandes entreprises du secteur de l'IA appellent à un ralentissement du développement de cette technologie», ajoutent les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

Le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé samedi à ralentir la vitesse de développement des modèles les plus avancés, un message auquel se sont rapidement ralliés Elon Musk et Sam Altman (OpenAI).

«Cette situation pourrait peser sur l'appétit pour le risque (sur les marchés) et, à court terme, affecter tout particulièrement les fabricants de puces», observe Michael Wan, analyste de MUFG.

Les géants sud-coréens des puces-mémoires SK hynix (-6,18%) et Samsung Electronics (-3,85%) pâtissaient de ce coup de froid.

Le yen attentiste, banques centrales guettées

Sur le marché des changes, la monnaie japonaise se stabilisait à 153,74 yens pour un dollar vers 02H00 GMT.

Après s'être nettement renforcé récemment, «le yen continue de susciter l'intérêt sur le marché. À l'approche de la réunion de la Banque du Japon (vendredi), il faudra observer si la devise peut poursuivre sa surperformance», note Chris Weston.

La banque centrale nippone semble parée pour remonter ses taux, sur fond d'inflation persistante alimentée par la flambée des cours énergétiques.

Avant cela, les investisseurs garderont un œil sur la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed), annoncée mercredi: elle aussi semble sur le point de durcir le ton face à l'inflation.

AFP