Gouverneur de la BDL: la crise est systémique globale
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Lors d’une rencontre de dialogue et de concertation avec le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, le président du Conseil économique, social et environnemental, Charles Arbid, a souligné l’importance des amendements attendus au projet de loi relatif à la restructuration financière et à la restitution des dépôts.

Il a insisté sur la nécessité de protéger les droits des déposants et de mettre en place des mécanismes clairs de remboursement des fonds, à la lumière des évolutions économiques et financières actuelles.

M. Arbid a également appelé à la relance du crédit au secteur privé, considéré comme un levier essentiel pour stimuler la croissance, encourager l’investissement et redynamiser l’activité économique. Il a, par ailleurs, plaidé pour une transition progressive d’une économie largement dominée par les paiements en espèces vers un modèle davantage axé sur les paiements numériques et les services financiers modernes.

De son côté, le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, a qualifié la crise financière et bancaire que traverse le pays de «crise systémique globale». Il a précisé qu’elle ne découle pas de la défaillance d’une banque ou d’un groupe de banques, mais plutôt d’un effondrement simultané de l’État, de la Banque du Liban, du secteur bancaire et de la confiance des citoyens.

Il a estimé les pertes du secteur bancaire à environ 80 milliards de dollars, rappelant le défaut de paiement de l’État sur ses euro-obligations (Eurobonds) et la dépréciation de plus de 98% de la livre libanaise. À cela s’ajoute l’absence de réformes au cours des dernières années.

Selon M. Souaid, la responsabilité principale de la crise incombe à l’État, en raison de politiques budgétaires inadaptées et d’un recours excessif à l’endettement. Vient ensuite la Banque du Liban, pour ses manquements dans son rôle de supervision, puis les banques commerciales. Les déposants, en particulier les petits et moyens épargnants, apparaissent en revanche comme la catégorie la moins responsable et la plus lourdement touchée. Il a insisté sur le fait qu’aucun plan de sauvetage ne devrait leur faire supporter l’essentiel des pertes.

Le gouverneur a détaillé les cinq axes du plan de redressement: un audit complet des comptes de la Banque du Liban et des banques, la restructuration du secteur bancaire, la restitution des droits des déposants, la restructuration de la dette publique, ainsi que la mise en œuvre de réformes financières et structurelles au sein de l’État.

Il a également indiqué que la Banque du Liban envisage de céder une partie de ses actifs et de ses biens afin de contribuer au remboursement des dépôts et d’assumer une part de la responsabilité financière découlant de la crise.

Karim Souaid a toutefois averti que le redressement serait long. Selon lui, une phase de stabilisation devrait s’étendre de 2026 à 2027, suivie d’une phase de restructuration entre 2027 et 2028. La reprise progressive de l’économie pourrait ensuite s’amorcer entre 2028 et 2030, à condition que les réformes nécessaires soient effectivement mises en œuvre.

Il a enfin souligné qu’aucune restructuration bancaire ne pourra aboutir dans un État incapable d’assurer un financement sain et durable. Il a appelé à renforcer la lutte contre la corruption et l’économie parallèle, à consolider la transparence et les mécanismes de reddition des comptes, tout en assurant que les fonds éventuellement récupérés à l’étranger seraient restitués aux déposants.

 

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