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Un jour, la vie nous prend par la main et nous entraîne dans un tourbillon étrange, une danse rythmée par les aléas du quotidien. Une valse infinie avec les instants, les heures, les saisons, les années. Chaque pas que nous faisons, chaque mouvement que nous esquissons, chaque geste que nous accomplissons, tout contribue à notre chorégraphie unique et personnelle. Que nous en soyons conscients ou non, nous sommes tous des danseurs solitaires dans l’arène de l’existence.

Que faire lorsqu’on réalise que la musique s’est arrêtée, que les lumières se sont éteintes et que nous dansons encore, nous démenant dans le silence et l’obscurité? Lorsque le rythme de la vie semble se désynchroniser et que nos mouvements, autrefois si gracieux et si harmonieux, deviennent hésitants et désordonnés? Lorsque chaque jour ressemble à une éternité, chaque nuit à un abysse de solitude et chaque instant à un défi à notre résilience?

Le monde extérieur, autrefois si lumineux et coloré, devient peu à peu terne et monotone. Les gens autour de nous, autrefois si proches et si familiers, deviennent peu à peu des étrangers lointains. Les choses que nous aimions, les plaisirs que nous chérissions, les passions qui nous animaient, tout cela devient peu à peu distant et inaccessible. Et nous nous retrouvons à danser seuls, sans musique, sans lumière, sans rythme.

Est-ce alors le moment de céder au désespoir, de s’effondrer sur le sol et de cesser de danser? Non. Car malgré les ombres qui nous enveloppent, malgré la mélancolie qui nous assaille, malgré le silence qui nous oppresse, il reste en nous une étincelle de vie, un souffle de résilience, une force indomptable qui refuse de s’éteindre. Cette force, c’est notre âme. Notre âme qui, malgré tout, continue à danser.

Que faire alors? Peut-être que la réponse est de continuer à danser, malgré tout. De danser avec passion et avec audace, malgré l’obscurité et le silence. De danser avec courage et avec espoir, malgré les blessures et la fatigue. De danser avec amour et avec tendresse, malgré la solitude et l’indifférence. De danser, tout simplement, parce que c’est notre manière à nous de dire au monde que nous sommes encore là, que nous sommes encore vivants.

Au-delà du tumulte et des cicatrices laissées par le temps, le Liban, terre de contrastes, est aussi une contrée de célébrations. Quand l’été s’installe, avec lui naissent des éclats de rire et de joie qui se dispersent aux quatre coins du pays. Les festivals d’été, ces couronnes scintillantes d’émerveillement et d’espoir, éclairent les nuits et redonnent du souffle à la danse de la vie.

Du nord au sud, de l’est à l’ouest, chaque région ouvre son cœur pour accueillir ces célébrations de l’existence. Ces festivals, comme des lucioles dans l’obscurité, illuminent les cœurs et apaisent les âmes fatiguées. Ils sont un rappel que la musique de la vie continue de jouer, que la danse de l’existence continue d’évoluer. Ils sont une célébration de la résistance, de la persévérance, mais aussi de l’espoir et de la joie.

Et peut-être que dans cette danse, chaque pas effrayé devient un peu plus sûr, chaque mouvement hésitant un peu plus gracieux, chaque geste maladroit un peu plus harmonieux.

L’été au Liban, avec ses festivals et ses fêtes, est un baume pour les cœurs en hiver. Il offre une chance de retrouver la joie, de retrouver la vie. Alors peut-être que la danse en solitaire n’est plus si solitaire, que le tourbillon de la vie n’est plus si chaotique. Peut-être que la vie, dans toute sa beauté et sa complexité, est toujours une danse – mais une danse de l’espoir, une danse de l’amour, une danse de la vie.