La défaite contre le Japon (2-1) force le sélectionneur de l’Allemagne Hansi Flick à enfiler son costume de pompier de service, pour sa première vraie épreuve du feu avec une Mannschaft bien mal embarquée au Qatar.

Si l’Allemagne perd contre l’Espagne dimanche, ses chances de qualification seront minimes, voire nulles en fonction du résultat du match entre le Japon et le Costa Rica, programmé plus tôt.

Une humiliation historique puisqu’en 2018, date de sa seule élimination en phase de poules jusqu’à présent, c’est la défaite contre la Corée du Sud dans l’ultime rencontre qui avait précipité leur sortie.

Dans sa jeune carrière d’entraîneur, Hansi Flick a déjà connu ces situations compliquées. C’est d’ailleurs de cette façon que sa carrière a connu un incroyable boost, il y a un peu plus de trois ans, au Bayern Munich.

A l’automne 2019, alors que le " Rekordmeister " piétinait en championnat, il a volé au secours de l’équipe pour remplacer au pied levé l’entraîneur de l’époque, Niko Kovac, dont il était l’adjoint. Avec réussite puisqu’à la fin de cette saison si particulière de confinement, il avait remporté tous les titres imaginables avec le Bayern, dont un retentissant triplé Ligue des champions, Bundesliga, Coupe d’Allemagne.

Trois ans plus tard, c’est un défi encore plus immense qui se dresse devant lui: en seulement quelques heures, tout au plus quelques jours, il doit faire parler ses qualités de discussion et d’écoute pour convaincre ses joueurs, au bord du précipice, qu’il reste de l’espoir.

Une défaite contre la flamboyante Espagne de Luis Enrique dimanche au stade Al-Bayt d’Al Khor au nord-ouest de Doha, et ce serait la quasi garantie de rentrer à la maison dès le 2 décembre, avant même les 8es de finale. Comme ce fut déjà le cas il y a quatre ans et demi en Russie. " Nous n’avons plus aucune cartouche en réserve ", a expliqué Hansi Flick, conscient que le travail du staff s’annonce difficile, à savoir faire comprendre à l’équipe qu’elle a la capacité " de remettre les choses dans la bonne direction ". Les chantiers sont innombrables, de la défense à l’envers jusqu’à l’attaque inefficace contre le Japon.

Flick " s’est trompé "

" Il en va de courage et de caractère. Chacun doit mieux jouer et plus participer au jeu. On doit montrer du caractère! ", a clamé celui vers qui tous les regards sont désormais tournés, pour sa première vraie épreuve du feu dans un parcours jusque-là assez linéaire et sans accroc.

A en croire Julian Brandt, présent devant la presse vendredi, les réunions se sont donc enchaînées dans le camp de base d’Al Ruwais à la pointe nord du Qatar, où loge l’Allemagne à une bonne heure de route du centre de Doha.

Ça tombe bien, Hansi Flick est connu pour ses talents de persuasion et d’écoute de ses joueurs, lui qui murmure à leurs oreilles, l’une de ses principales qualités. " La dernière chose que l’on peut reprocher à l’entraîneur, c’est qu’il ne parle pas franchement avec nous et qu’il ne nous bouscule pas. Je ne suis pas quelqu’un qui a besoin que l’entraîneur me hurle dessus. Ça me suffit un retour factuel lorsqu’il est clair ", explique Havertz à propos de Hansi Flick.

" Après les réunions que l’on a eues, tout le monde est conscient de là où l’on se trouve. C’est absolument faux de dire qu’il est trop gentil. La gentillesse est une qualité. J’aime la façon dont il fait passer ses messages ", appuie Havertz. Il n’empêche que les choix tactiques de Flick pour le premier match ont été peu ou pas compris Outre-Rhin.

Joueur le plus capé de la Mannschaft (150 sélections), Lothar Matthäus a ainsi estimé que Flick s’était trompé. " Il y a certaines choses que je n’ai pas compris dans la composition contre le Japon. Le sélectionneur Hansi Flick est un ami, je suis à 100% derrière lui. Et entre amis, on peut être honnête, on se doit même de l’être: contre le Japon, il s’est trompé dans son coaching ", a écrit Matthäus dans une chronique au quotidien allemand Bild.

AFP