Même le journal l’Équipe a trouvé étrange l’atmosphère de France-Australie. Il faut dire que seuls 3.000 supporters français avaient fait le déplacement. C’est peu, trop peu pour encourager une équipe championne du monde venue défendre son titre.

Déambulez dans les rues de Doha, prenez le métro ou les bus mis gratuitement à la disposition des supporters et vous ne verrez presque aucun maillot français. Pourtant, les supporters de plusieurs pays se sont déplacés en masse, venant parfois de pays lointains. Japonais, Uruguayens, Brésiliens, Équatoriens, Australiens ont parcouru des milliers de kilomètres pour participer à la grande messe du football. Les stades sont garnis de maillots et drapeaux rouge Danemark, jaune et vert Brésil, orange Pays-Bas, bleu samouraï et bien d’autres.

Alors pourquoi ce désamour entre les Français et les Bleus?

De toute évidence, les médias français ont joué un rôle néfaste en encourageant le Qatar bashing. Les mairies de Paris, Lille, Strasbourg, Marseille, Nancy et d’autres grandes villes ont emboîté le pas en boycottant le Mondial et en décidant de ne pas installer d’écrans géants, qualifiant la Coupe du monde de non-sens au regard des droits humains, de l’environnement et du sport.

Sur les réseaux sociaux, la propagande négative et les fake news ont pris le relais. On y dénonce les "centaines de milliers de morts", la plus "grande catastrophe environnementale planétaire" et les "prix exorbitants".  Il n’en fallait pas plus pour inciter les plus téméraires à rester chez eux.

Encore plus incroyable, depuis le début du tournoi, des groupes de personnes "anti Coupe du monde" circulent dans Paris avec des télécommandes pirates pour éteindre les télévisions des bars qui diffusent les matchs!  Même les quotidiens sportifs se focalisent davantage sur l’affaire du bandeau One Love que sur les exploits sportifs.

Pourtant, la popularité des Bleus au niveau mondial est aujourd’hui au zénith. Sur les trente dernières années, la France a été deux fois championne et une fois vice-championne du monde, faisant aussi bien que le Brésil, l’Allemagne et l’Italie. La nouvelle génération de supporters a grandi avec les Cantona, Zidane, Henry, Benzema, Mbappé and co., devenus des références du beau jeu. Les stars françaises jouent dans les plus grands clubs européens; depuis vingt ans, à quelques exceptions près, il y a toujours eu un ou plusieurs joueurs français qui ont gagné la Ligue des champions. Aucun autre pays ne peut se targuer d’un palmarès aussi riche.

Cette popularité mondiale est très visible au Qatar. Avant chaque match, la FIFA a eu la bonne idée de distribuer les drapeaux des équipes en compétition. Avant France-Australie, les drapeaux français ont disparu en quelques minutes, laissant un beau paquet de drapeaux australiens sur les tables. Le stade Al Janoub était bien garni des couleurs bleu-blanc-rouge portées par des supporters… étrangers. Chaque accélération de Mbappé, chaque action de Giroud était acclamée par un public connaisseur.

Sympa, mais pas suffisant pour mettre le feu au stade, car, comme le dit la chansonnette, "qui ne saute pas n’est pas Français". Hé.

Naji Boulos
Envoyé spécial au Qatar

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