Jamil Molaeb sait ressentir la nature et, à travers ses abstractions aux couleurs vives, il immortalise les paysages. Ses rouges, ses verts, ses roses, ses jaunes sont pleins de lumière et de joie.

J’ai ouvert la porte de la galerie et je suis entrée. Je crois que j’ai eu tout de suite un sourire béat et admiratif devant la splendeur de l’œuvre qui s’offrait à mes yeux. Il s’est approché de moi, avec sa fameuse casquette à visière et son gilet couvrant une de ses chemises colorées. Il m’a dit, en arabe jovial et doux: “Bienvenue madame.”

De ses yeux émane une gentillesse incroyable et son attitude donne envie de ne jamais quitter son monde, de ne jamais s’arrêter d’admirer son art, de ne jamais vouloir s’éloigner de tant de beauté. Il est de ces êtres qui ont la grandeur de l’humilité et la force de la simplicité. Il est puissant dans son art, joyeux dans ses coups de pinceau.

Admirer ses toiles, c’est écouter son histoire, voyager avec lui vers les couleurs du Liban. Il faut indéniablement avoir une âme aussi belle que la sienne pour pouvoir peindre avec autant d’authenticité et faire passer des messages aussi purs sur son pays, sur sa vision du monde, sur sa manière de voguer sur le fil de la vie. Les œuvres de Jamil Molaeb sont simplement le reflet de son âme. Et il est l’exemple absolu de l’artiste vrai et sincère, aux talents multiples.

Il peint les paysages de sa montagne, il peint des moments qu’il pose sur ses toiles pour leur donner des mouvements qui deviennent éternels. Il ne fige pas l’instant, il lui donne vie. Les personnages qui sont représentés sur ses peintures sont des êtres qu’il rencontre et qu’il dépeint dans la fébrilité de leurs actions, dans la beauté de leurs allures, dans la simplicité de leurs attitudes.

Il est amoureux de la mer et du ciel. Il écrit les nuages, les bateaux et les vagues dans toutes les tonalités du bleu. Il aime les oiseaux. Il peint leur gazouilli. Il écoute leur plumage. Il leur donne leur liberté. Il les fait voler au-delà de toutes les dimensions de ses toiles.

Jamil Molaeb sait ressentir la nature et, à travers ses abstractions aux couleurs vives, il immortalise les paysages. Ses rouges, ses verts, ses roses, ses jaunes sont pleins de lumière et de joie. J’ai longtemps admiré ses peintures, je me suis si souvent évadée dans ses toiles. Je n’ai raté aucune de ses expositions et j’ai toujours été éblouie par son travail.

Sa dernière exposition en date, qui se tient jusqu’au 30 décembre à la galerie Janine Rbeiz, est un message d’amour et d’espoir que le peintre transcende à travers son art, pour l’envoyer au peuple libanais. Malgré la situation difficile que traverse le pays, on ressent à travers cette exposition un vent de gaieté et des couleurs de vie.

Ces dernières toiles qu’il expose sont de grandes pièces maîtresses qu’on lit de bas en haut, de droite à gauche, en diagonale, avec des yeux qui explorent de petits dessins infinis qui s’enchevêtrent, et avec un cœur qui voudrait ne pas s’arrêter de pomper avec l’émotion de l’artiste. Cette émotion qu’il partage de multiples façons, comme des hiéroglyphes qui dessinent une longue histoire, un poème sans fin, un Liban plein de clins d’œil sympathiques.

On découvre les bateaux du port de Beyrouth, le musée Sursock, l’aéroport, tous les monuments de l’histoire de ce pays, les jolies maisons aux toits de briques, la culture, la tradition… la vie. Dans ses dessins, toutes les miniatures qui se relient et se confondent sont pleines d’espoir et de bonheur. Les personnages sont en mouvement; il y a les gros et les sveltes, les ouvriers et les touristes. On voit les voitures de collections et les animaux, on écoute les conversations, on entend les dialectes différents, on hume le parfum du jasmin, on sent la saveur de la man’ouche au thym, on va vers la mer et on remonte vers la montagne dans un parcours animé et heureux.

Pas de destruction, pas d’explosion, pas de tristesse, pas de crise économique ou sanitaire. Pas de mauvais temps, pas de panique, pas de drames. Les toiles de cet artiste aux mille contes fantastiques sont simplement joyeuses. Jamil Molaeb relate le magnifique pays de ses rêves, de nos rêves. Il lui redonne son réel aspect culturel et sa vraie beauté. D’où le titre de son exposition.

De belles sculptures, troncs d’arbres peints avec les mêmes émotions, et une série de panneaux en bois qui se suivent racontant d’autres histoires traditionnelles, font également partie de cette exposition.

L’artiste s’est approché de moi, m’a appelée par mon prénom et, avec sa légendaire humilité, m’a remerciée de l’avoir visité. C’est lui le plus grand peintre contemporain libanais, le grand maître et le pinceau d’or.

Lebanon, beauty and culture (“Liban, beauté et culture”), exposition de Jamil Molaeb à la galerie Janine Rbeiz, jusqu’au 30 décembre.

 

 

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