Dans un entretien avec Ici Beyrouth, le coach de la sélection libanaise de football, Ivan Hasek, revient sur sa riche carrière de joueur, dont le point culminant fut la participation à la coupe du monde 1990 avec l’ex-Tchécoslovaquie.

Pourriez-vous nous parler d’abord de votre carrière de joueur?

J’ai commencé le football professionnel à 17 ans, avec le plus grand club tchèque, le Sparta Prague. Nous avions une très bonne équipe qui a régulièrement gagné le championnat. Nous étions plusieurs joueurs du Sparta à également jouer en sélection. (…) En 1990, la fin du régime communiste m’a permis de m’expatrier pour aller jouer à Strasbourg. J’y ai passé de très belles années avec ma famille. Avec le Racing Club de Strasbourg, nous avons réussi à être promus en première division. Ce club reste dans mon cœur. En fin de carrière, j’ai décidé de signer au Japon, à Hiroshima. J’ai été heureux au Japon, en raison du fait que c’était quelque chose de neuf pour moi, en termes de culture et de football. Trois belles années en somme au Japon. Après ma carrière, je suis devenu dans la foulée directeur de l’équipe nationale tchèque.

Vous avez marqué 132 buts en 396 matches en club, soit un but tous les 3 matches. Vous étiez très adroit devant le but pour un milieu de terrain. Non?

Les huit premières années de ma carrière, j’ai joué au poste de défenseur: arrière gauche, arrière droit ou défenseur central. Je n’étais pas souvent devant le but pour marquer. Mais à la base, plus jeune, je jouais attaquant et j’ai toujours apprécié le fait de marquer des buts. Mon poste préféré était de jouer en attaque, et à la fin de ma carrière, au Japon, j’ai davantage joué en attaque, et c’est là-bas que j’ai marqué le plus de buts.

Avec la sélection (55 sélections et 5 buts), quel souvenir gardez-vous de la coupe du monde 1990, où la Tchécoslovaquie a atteint les quarts de finale, s’inclinant devant la RFA, futur vainqueur de l’épreuve?

La coupe du monde 1990 était le moment le plus intéressant de ma carrière. Nous avions une très bonne équipe. Nous avions perdu 1-0 face aux Allemands, avec un but encaissé sur penalty, et nous avions disputé les vingt dernières minutes à dix contre onze. Mais atteindre les quarts de finale de la coupe du monde était le summum de ma carrière.

Et votre but dans la compétition face aux Etats-Unis? Pouvez-vous nous le raconter?

A la coupe du monde, j’ai joué arrière droit, dans un système en 3-5-2. Je suis monté aux avant-postes sur corner, et j’ai marqué de la tête au premier poteau.

But de Hasek à la 58e seconde de la vidéo du résumé du match Tchécoslovaquie-USA, du mondial 1990, ci-dessous:

https://www.youtube.com/watch?v=NTnBiQILfXk

L’équipe comptait dans ses rangs, en plus de vous, des joueurs comme Kadlec et Moravcik. Était-ce la meilleure génération du football tchèque des cinquante dernières années?

Non, la meilleure génération est celle qui nous a suivis, avec des joueurs tels que Nedved, Poborski, Smicer, Bejbel, Rosicki, Koller… Une génération qui n’a pas gagné le championnat d’Europe mais qui a terminé deuxième de l’Euro 1996 et a atteint les demi-finales de l’Euro 2004.

Combien votre carrière de joueur au poste clé de milieu de terrain, avec des tâches aussi bien défensives qu’offensives, vous a elle été utile pour votre développement en tant que coach?

Ma polyvalence m’a permis de jouer à plusieurs postes. Je sais ainsi comment il faut réagir pour chaque poste. C’est certainement un avantage dans ma carrière d’entraîneur.

Vous êtes avocat et avez été président de la Fédération tchèque de football. Est-ce que vous vous êtes senti décalé par rapport aux autres joueurs durant votre carrière, du fait de votre bagage intellectuel?

Non, pas du tout. A l’époque, sous le régime communiste, il y avait plusieurs joueurs de l’équipe à avoir suivi des études universitaires. Nous ne pouvions pas gagner beaucoup d’argent et ne pouvions pas jouer à l’étranger. Je me suis marié jeune et j’avais une famille. J’ai aussi fait des études pour me protéger des aléas d’une carrière de footballeur, comme une blessure grave.

Vous avez entraîné en République tchèque, en France, au Japon, en Arabie saoudite, aux EAU et au Liban. Le management en tant que coach diffère beaucoup d’un pays à l’autre?

Il y a, bien sûr, des différences entre chaque pays. Depuis le moment où j’ai débuté le coaching avec le Sparta Prague jusqu’ à aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. Avant, il y avait juste le coach et son adjoint. Aujourd’hui, il y a plus d’adjoints au coach et le département IT (NDLR: qui analyse les statistiques).

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