Alors que le football et le basket-ball font de jolies percées régionales, l’athlétisme libanais reste relativement en retrait comparé aux pays voisins. Verra-t-on un jour des Libanais au plus haut niveau sportif ? Pourquoi nos voisins arabes font mieux que nous ? Des questions à la fois simples et compliquées auxquelles Roland Saadé, président de la Fédération libanaise d’athlétisme nous a répondu en toute transparence.
" Notre calendrier sportif a été respecté, même durant la période la plus délicate et difficile du Covid-19. A part une course de cross-country annulée, nous avons fait en sorte d’achever les compétitions, en respectant, bien sûr, les normes et les conditions médicales et sanitaires ".
Mais y a-t-il une politique sérieuse pour redresser la situation dans un futur proche ? Quelle est sa vision de l’avenir de l’athlétisme dont il dirige la Fédération depuis quelques années ? " On était compétitifs par rapport à nos voisins au niveau des jeunes, mais avec la crise économique et le Covid-19, la situation est devenue de plus en plus délicate et le fossé s’est creusé. L’équation est simple, le sport a besoin de soutien pour continuer, et la situation sportive libanaise n’échappe pas à la règle économique et sociale générale ", poursuit Roland Saadé, réaliste. " Il faut de l’argent et du soutien pour gagner des titres et des médailles. L’écart devient de plus en plus évident quand les jeunes se trouvent seuls face à leurs destins, avec pour seul bagage leur ambition. En contrepartie, les budgets des ministères des Sports des pays voisins sont énormes en comparaison avec le nôtre, ce qui nous prive de titres de haut niveau. Que peut-on faire avec un budget annuel de 5 milliards de livres libanaises, toutes compétitions confondues ? C’est trois fois rien ", confie-t-il amèrement.
Malgré tous ces déboires, Roland Saadé reste un brin positif : " On ne baissera jamais les bras. On fera tout pour voir un Libanais se qualifier directement aux Jeux olympiques. Sans billet d’invitation (la fameuse Wild Card), c’est dur à atteindre mais pas impossible. Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’un soutien à tous les niveaux ".
Mais ça, c’est une autre histoire.

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