"Fatwa: Dans la religion islamique, consultation juridique donnée par une autorité religieuse à propos d’un cas douteux ou d’une question nouvelle; décision ou décret qui en résultent." (Larousse) Cependant, le terme est devenu, notamment avec la fatwa contre Salman Rushdie (auteur des Versets sataniques publié en 1988), le symbole de l’extrémisme islamique, appelant à la mort des personnes dont une action, selon certains musulmans, dénigre l’islam.

"Quand quelqu’un dit je suis pour la liberté d’expression, mais; j’arrête d’écouter: pas de mais à la liberté d’expression." Salman Rushdie

Ces propos ont été tenus au lendemain du massacre de Charlie Hebdo. Jusqu’à quand allons-nous accepter que des sous-hommes décérébrés ôtent la vie à d’autres qui ne partagent ni leurs croyances ni leur esprit de dérision? Force est de constater que l’extrémisme musulman est devenu un cauchemar, et ses nombreux adeptes, des individus qui n’ont sans doute pas lu un verset du Coran, mais qui versent du sang à tout bout de champ. Il n’existe aucun autre idéal que la liberté tout court et la liberté d’expression qui en découle, pour lequel il faut encore et toujours se battre.

Salman Rushdie a vécu une vie sous la terreur constante d’être éliminé, parce qu’un enturbanné avait décidé de faire une fatwa à son encontre, promettant même une somme mirobolante à la personne qui le tuerait. Quand allons-nous enfin nous défendre, nous qui devons nous justifier d’être différents, d’être des fanas de l’humour, de dessins somme toute bien innocents? Les deux religions monothéistes qui s’"entrevivent" dans le pays où je vis n’adorent pas le même Dieu, ça c’est certain, du moment où l’une des deux tombe dans l’extémisme. Cette manie de proférer des "fatwa" à l’encontre de ceux qui auraient offensé ces extrémistes si à l’étroit dans leurs croyances qu’ils ne sont assouvis que par un esprit de vengeance, va-t-elle cesser un jour? Que pouvons-nous faire pour neutraliser cet appel au meurtre qui empoisonne des vies? Continuer à écrire, à en rire, à dessiner, à lire ce qui est à leurs yeux parjure. Surtout ne pas baisser les bras. Là, nous avons été indirectement mêlés à l’ignoble attentat qui a dangereusement blessé Salman Rushdie, puisque son assaillant de 24 ans est d’origine libanaise. Voici une tache de plus apportée au Liban devenu le pays le plus blacklisté au monde, puisqu’une milice terroriste l’a pris en otage et que cette milice-là n’a rien de reluisant. Elle a à son actif tous genres de trafics et puis elle se prétend libanaise alors que c’est via l’Iran qu’elle inspire et expire. En attendant de voir tous ces parjures expier, on est tenté de leur balancer: "Fatwa" voir ailleurs si j’y suis. Quant à Salman Rushdie, pourvu qu’il survive! Ce serait la plus belle défaite imposée aux obscurantistes qui officient depuis l’épaisseur de leurs morbides ténèbres…