La sélection libanaise de basket-ball s’est inclinée face à son homologue jordanienne (63-74), à l’occasion de la rencontre qui a opposé les deux équipes, jeudi à Amman dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2023.

Il fallait bien que cela arrive un jour ou l’autre: l’équipe nationale libanaise a fini par subir une défaite, après une période d’invincibilité qui a duré 24 mois. Mais cette défaite n’avait rien de vraiment déshonorant, jeudi, tant les joueurs jordaniens ont maitrisé leur sujet sur le terrain du stade "Prince Hamza" à Amman. Dominant la rencontre de la tête et des épaules, ils n’ont laissé aucune chance à leurs infortunés adversaires. Les Libanais ont par contre rendu une copie assez terne, préférant souvent contenir les Jordaniens sans prendre le risque d’intervenir. Ils ont livré une performance nettement en dessous du niveau que l’on attendait d’eux.

L’apport de Waël Arakji, ici entre deux joueurs jordaniens, a été insuffisant jeudi; le Liban a essuyé à Amman sa première défaite dans les éliminatoires de la Coupe du monde.

El-Sous, le magicien

Mais à la décharge des Libanais,  force est de reconnaitre qu’ils ont eu affaire jeudi à un prestidigitateur de tout premier ordre: l’entraîneur de la Jordanie, Wissam el-Sous, qui a sorti de son chapeau, non pas un, mais deux lapins, face au pays du Cèdre. Le premier, Darquavis Lamar Tucker, un Américain qui évolue avec le club brésilien Flamengo et qui porte la nationalité jordanienne par naturalisation. Bien lui en prit, car "Dar" Tucker a été élu MVP de la rencontre contre le Liban avec la bagatelle de 31 points.

Le deuxième (lapin) s’est matérialisé en la personne de Ahmad al-Dwairy, qui lui est détenteur de la nationalité turque. Ahmet Düverioğlu, pour les intimes, est le pivot du club Fenerbahçe qui est un club turc de basket-ball basé à İstanbul et évoluant en Süper Ligi, soit le plus haut niveau du championnat de Turquie. Bien en place Dwairy-Düverioğlu a lui aussi brillé de mille feux et n’a jamais été pris en défaut par la défense libanaise.

Devant un parterre de spectateurs en majorité locaux, massés dans les gradins du stade "Prince Hamza" à Amman, la Jordanie a entamé la rencontre sur les chapeaux de roue, cueillant à froid les Libanais qui ne s’attendaient nullement à une telle démonstration de force de la part de leurs adversaires. Très vite, le score prenait des allures dramatiques pour le Liban (3-15 à la 5e, puis 12-19 à la 10e). Les triplés s’enchaînaient avec succès pour les Jordaniens auxquels tout semblait réussir. Les Libanais affichaient eux une maladresse affligeante dans cet exercice. Le rouleau compresseur jordanien emportait tout sur son passage et malgré un sursaut des Libanais qui recollaient un peu au score, les locaux franchissaient la ligne médiane avec un léger avantage (33-31). Tout le monde se mit alors à croire que les champions arabes s’étaient enfin réveillés. Mais, hélas, il n’en fut rien. De retour des vestiaires, les protégés de Wissam el-Sous faisaient toujours la loi sous les panneaux et augmentaient à nouveau leur avance au score (56-42 à la 30e). Dans le quatrième et dernier quart, malgré quelques mornes tentatives, les Libanais dégageaient alors la désagréable impression d’avoir d’ores et déjà jeté l’éponge. Les Jordaniens géraient avec dextérité leur avance et clôturaient la rencontre sur le score sans appel de 74 à 63.

Les Libanais concédaient ainsi une première défaite dans ces éliminatoires qui, normalement ne devrait pas avoir de lourdes conséquences sur la suite des événements.

Assurément la victoire est revenue jeudi à l’équipe qui la désirait le plus. Surtout que les Libanais n’ont à aucun moment été en mesure d’inquiéter leurs adversaires. Il reste à espérer qu’il n’en sera pas de même, dimanche, face à l’Arabie Saoudite.